Je ne dis pas non

Je ne dis pas non

de Iliana Lolic

  • Je ne dis pas non

  • France2009
  • Réalisation : Iliana Lolic
  • Scénario : Iliana Lolic
  • Image : Wilfrid Sempé
  • Montage : Pascale Chavance
  • Musique : Alexei Aigui
  • Producteur(s) : Pascal Verroust
  • Production : ADR Productions
  • Interprétation : Sylvie Testud (Adèle), Stefano Accorsi (Matteo), Laurent Stocker (Robert), Constance Dollé (Marie), Nicolas Giraud (Guillaume), Gilles Cohen (François)...
  • Distributeur : ADR
  • Date de sortie : 15 juillet 2009
  • Durée : 1h30

Je ne dis pas non

de Iliana Lolic

Tout l'inverse, à moins que ce ne soit le contraire


Tout l'inverse, à moins que ce ne soit le contraire

Adèle est du genre pas simple, une tête en l’air qui s’emberlificote dans des histoires à dormir dehors alors que le grand amour frappe à la porte. Pas facile de dire oui pour celle qui ne sait pas dire non. Quelques éléments fantasques, mais cette comédie romantique ne parvient pas à s’éloigner d’un genre bien borné, pour ne pas dire plombé.

Comment se retrouve-t-on à vouloir couvrir ce premier film d’Iliana Lolic ? La réponse est simple : il s’agit d’une des comédiennes fétiches de Luc Moullet depuis 1996, dont Le Prestige de la mort (2006), Les Naufragés de la D17 (2001) ou Le Fantôme de Longstaff (1996). Dans ces conditions, on est forcément caressé par le fol espoir que l’homme des roubines lui ait transmis ne serait-ce qu’un peu de sa drôlerie furieuse, grinçante et dévastatrice. Et, avant de se rendre à la projection, pour conjurer un éventuel mauvais sort ; un petit cierge à la Sainte Chapelle cinéma pour assurer le coup…

L’idée qui préside à Je ne dis pas non est de se caler dans les rails de la comédie sentimentale pour s’en affranchir. Adèle (Sylvie Testud) est une rêveuse qui ne fait que lire des histoires, elle travaille dans l’édition. C’est une contemplative qui porte une attention aux petites aspérités poétiques du quotidien. On peut dire qu’elle porte un regard décalé sur le réel, à noter par exemple qu’elle « aime bien la lumière du frigo sur les fleurs », c’est pour cette raison qu’y trônent ses bouquets. Côté cœur, elle « fréquente de tout » ; un petit malfrat, un homme marié, un employé de la ménagerie du Jardin des Plantes. Adèle connaît un peu le chagrin, mais ne sait pas ce qu’est l’amour, ne parvenant pas notamment à se faire larguer. C’est alors que s’installent des rencontres régulières dans un café avec Matteo (Stefano Accorsi), italien et écrivain de son état. Comme on dit : ça crève les yeux comme le nez au milieu de la figure. Mais évidemment, telle Sœur Anne, elle ne voit rien venir.

Les qualités de Je ne dis pas non résident en peu de choses. Les dialogues sont plutôt bien troussés et se révèlent marqués par une fantaisie qui fait parfois mouche grâce au côté brut de décoffrage de la donzelle. Alors on s’amuse parfois des répliques, comme « S’il vous plaît, pas de violence, ou je casse tout. » Ou bien lorsqu’un squatteur d’un soir avoue qu’il sort de taule, elle lui rétorque pleine de bienveillance : « Ah non ! ça ne me gêne pas, je ne suis pas contre la prison. » Et Sylvie Testud jouit d’un bel aplomb dans cet exercice de décalage et de déphasage vis-à-vis du réel et de la bienséance. Mais tout ça est faible et n’empêche pas le film, une fois que l’on a fait connaissance avec le personnage, d’entrer dans un ronron sans relief. Notamment du fait d’une mise en scène, certes soignée, mais très sage et sans rythme, donnant un aspect linéaire à l’ensemble. Puis enfin, l’intrigue sentimentale entre Adèle et son bel Italien est fort maigrelette, on finit par ne plus lever le moindre sourcil au fil de leurs entrevues. Et l’acteur Stefano Accorsi se révèle bien terne. C’est ainsi qu’on se prend à être pressé qu’ils mettent le couvert, afin d’entamer, après l’échec du cierge, une séance de spiritisme avec cette question : « Esprit de Luc Moullet, es-tu là ? »

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