L’Île aux trésors

L’Île aux trésors

de Alain Berberian

  • L’Île aux trésors

  • France, Royaume-Uni, Hongrie2007
  • Réalisation : Alain Berberian
  • Scénario : Fabrice Roger-Lacan, Fabien Suarez, Sion Marciano
  • Image : Vilko Filac
  • Montage : Sylvie Landra
  • Musique : Nicholas Dodd
  • Producteur(s) : Jean-Pierre Ramsay-Levi
  • Interprétation : Gérard Jugnot (John Silver), Alice Taglioni (baronne Evangeline Trelawney), Jean-Paul Rouve (Dr Livesey), Vincent Rottiers (Jim Hawkins), Michael Culkin (capitaine Smolett)...
  • Date de sortie : 31 janvier 2007
  • Durée : 1h40

L’Île aux trésors

de Alain Berberian

Pirates


Pirates

Après L’Affaire corse (2004), et souvenons-nous du Boulet (2002), de Paparazzi (1998) et de La Cité de la peur (1994), Alain Berberian change une fois encore de registre et s’attaque en bon flibustier à un genre hollywoodien, le film de pirates et d’aventures. Mais le filmique s’est égaré sur les eaux troubles de la création ce qui est bien dommage au vu d’un excellent Jean-Paul Rouve, et de quelques petites trouvailles scénaristiques.

Un pavillon à tête de mort brûle, se déchire et apparaissent sur le pont d’un bateau des corps déchiquetés, des blessés et un docteur atypique qui décide de couper la jambe de Long John Silver à défaut de lui panser le bras. A partir de cette délicieuse mise en bouche, le réalisateur re-visite son île aux trésors en intégrant une baronne follement belle et mante religieuse (Alice Taglioni) aux prises avec un John Silver clownesque (Gérard Jugnot) et un James Hawkins tout à fait charmant (Vincent Rottiers).

Librement adaptée du roman de R.L. Stevenson (1883) cette nouvelle version de L’Île aux trésors est bel et bien un film pour enfants destiné aux adultes : entre violence gratuite, humour charmant et décolleté plongeant, cette mouture 2007 vogue sur les traces de prestigieux aînés (Victor Fleming, 1934) sans arriver cependant à renouveler le genre et le roman. Les clichés se suivent avec abondance : du générique avec pièces de monnaie, inscription gravée des noms sur du bois, … à l’impuissance de Silver qui ne peut honorer la Belle ou à un Ben anthropophage. Cette Île aux trésors, si elle ne lasse pas, n’arrive cependant pas à emporter au gré de l’aventure les ardents désirs de conquête du spectateur. L’humour n’est certes pas absent : quelques dialogues, la présence truculente de Jean-Paul Rouve et celle détonante d’Alice Taglioni donnent du punch à la narration. Mais le souci de réalisme et l’utilisation d’un sépia pour faire film de genre hollywoodien affichent l’académisme d’une adaptation qui aurait mérité une attention filmique originale et ludique. Ici, tout est honorable et à défaut de re-souffler du cinéma dans cette Île aux trésors, le film s’épuise lui-même de ne pas être pris en compte.

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