Le Tempête de boulettes géantes premier du nom avait tout du succès surprise : un concept accrocheur, une esthétique cartoon parfaitement adaptée à celui-ci et une hystérie réjouissante en guise de flot narratif. Le succès commercial ayant été au rendez-vous, une suite était inévitable, au risque de pervertir le fragile équilibre qui maintenait le premier film au-dessus du lot. C’est un fait : Tempête de boulettes géantes 2 n’a presque aucune des qualités de son prédécesseur. Dans les limites qu’il se pose – celle d’un film destiné au tout jeune public –, le film parvient pourtant à tenir ses maigres promesses.
Hérésie numérique
Ce deuxième épisode embraye directement sur la fin du premier : Flint Lockwood a triomphé de sa machine à changer l’eau en bouffe, trouvé une copine, Sam Sparks – tout va donc pour le mieux. C’est à ce moment que débarque Chester V, scientifique médiatique et héros d’enfance de Flint et de Sam, officiellement pour porter secours aux habitants. Mais peut-être cache-t-il un plus sinistre dessein… Chester V semble directement inspiré de Steve Jobs : médiatique, cool, à la pointe de la technologie, riche à milliards et surcompétent, le personnage semble même avoir été modélisé sur le créateur d’Apple. Horreur ! S’agirait-il de se payer la fiole d’une des personnalités les plus populaires de l’ère moderne ? En cela, et par une myriade de mauvais jeux de mots souvent graveleux (et pour la plupart perdus à la traduction, voir pour s’en convaincre le très lourdingue titre L’Île des Miam-nimaux…), le film perpétue le côté sale gosse du premier épisode. Pour autant, Tempête de boulettes géantes 2 ne se montre pas aussi vif et impertinent : on est résolument dans un film à destination du tout jeune public.
Cure de jeunesse
Dans le choix de son bestiaire (des aliments devenus animaux) ou dans ses messages lourdement assénés (la famille c’est bien, l’ambition c’est mal), Tempête de boulettes géantes 2 plonge tête baissée dans un politiquement correct qui jure quelque peu avec l’ambiance potache qu’on était en droit d’attendre. Pourtant, c’est son côté cartoon délirant qui lui évite de justesse la plus pure niaiserie. Maintenu à flots par son rythme effréné et par son inventivité visuelle, le film se suit donc avec plaisir : on en oublierait presque qu’il décline avec un cynisme placide le cahier des charges complet d’une production familiale sans prise de risque ni personnalité.