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La Main
  • La Main
  • (Talk To Me)

  • Australie2023
  • Réalisation : Danny Philippou, Michael Philippou
  • Scénario : Danny Philippou, Bill Hinzman
  • Image : Aaron McLisky
  • Montage : Geoff Lamb
  • Musique : Cornel Wilczek
  • Production : Causeway Films, Bankside Films, Talk to Me Holdings
  • Interprétation : Sophie Wilde (Mia), Alexandra Jensen (Jade), Joe Bird (Riley), Otis Dhanji (Daniel), Miranda Otto (Sue)...
  • Distributeur : SND
  • Date de sortie : 26 juillet 2023
  • Durée : 1h35

Morts à l'hameçon


Morts à l'hameçon

Dans La Main, Mia (Sophie Wilde), Riley (Joe Bird) et Jade (Alexandra Jensen) – une baby-sitter et les deux enfants dont elle partage le quotidien – se joignent à un groupe d’adolescents qui s’amusent à invoquer les morts grâce à une étrange sculpture de main. Dans ce récit horrifique assez attendu et avare en idées de mise en scène, quelques séquences se démarquent toutefois par leur imprévisibilité. La première scène du film, structurée autour d’un long plan-séquence immersif circulant à travers une fête, est à ce titre la plus convaincante. La caméra portée y suit Max (Marcus Johnson), un jeune homme qui cherche son frère. La tension se cristallise par des effets minimaux, qu’il s’agisse de la durée du plan ou de la présence d’objets suggestifs (on entrevoit, par exemple, une jeune femme découper un légume avec un grand couteau), jusqu’à accoucher d’un déferlement de violence inouï.

Une fois passée cette ouverture glaçante, La Main repose moins sur un travail rythmique que sur une surenchère gore qui ne permet jamais tout à fait de retrouver la même intensité. Les scènes proprement horrifiques reposent sur une règle assez simple : on ne saura presque rien de l’outre-monde avec lequel les adolescents entrent en contact, à commencer par la logique du processus d’invocation. Les séquences en tirent une imprédictibilité assez chaotique : parmi les jeunes possédés, l’un d’eux fracasse son crâne contre un mur avant de laper son propre sang, tandis qu’un autre embrasse, en gros plan, un bulldog à pleine bouche. Ces jeux de massacre jusqu’au-boutistes révèlent d’autant plus nettement la platitude des séquences intimistes, où la solitude dépressive qu’éprouve Mia est sans cesse soulignée par des gros plans en longue focale et des dialogues fades – comme s’il était impossible de faire vraiment exister ces personnages s’apprêtant à être exécutés les uns après les autres.

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