© Sony Pictures
Substitution — Bring her Back

Substitution — Bring her Back

de Danny Philippou, Michael Philippou

  • Substitution — Bring her Back
  • (Bring Her Back)

  • États-Unis2025
  • Réalisation : Danny Philippou, Michael Philippou
  • Scénario : Bill Hinzman, Danny Philippou
  • Image : Aaron McLisky
  • Décors : Vanessa Cerne
  • Costumes : Anna Cahill
  • Son : Emma Bortignon, Jennifer Leonforte
  • Montage : Geoff Lamb
  • Musique : Cornel Wilczek
  • Producteur(s) : Kristina Ceyton, Samantha Jennings
  • Production : RackaRacka Studios, SAFC Studios
  • Interprétation : Billy Barratt (Andy), Sally Hawkins (Laura), Sora Wong (Piper)...
  • Distributeur : Sony Pictures
  • Date de sortie : 30 juillet 2025
  • Durée : 1h44

Substitution — Bring her Back

de Danny Philippou, Michael Philippou

Les mains d'une mère


Les mains d'une mère

Après le décès de leur père, Andy et Piper, un adolescent et sa petite sœur malvoyante, sont placés en famille d’accueil chez Laura, une psychologue meurtrie par la récente disparition de sa propre fille et dont le comportement paraît de plus en plus étrange. L’apparente bienveillance du personnage, déjà effritée par le jeu outré de Sally Hawkins, laisse vite place à une figure plus univoque. Il faut dire que les frères Philippou (réalisateurs de La Main, sorti en 2022) tuent dans l’œuf tout mystère : plutôt que d’épouser le seul point de vue des jeunes protagonistes, le film nous montre aussi les manigances de Laura – elle visionne notamment d’obscures vidéos de rituels sanglants et cherche à briser la confiance entre les deux enfants. Si ce jeu narratif et de montage vise à échafauder un suspense, le fond de l’affaire s’en trouve éventé : en faisant appel à un démon, Laura entend ramener sa fille à la vie en sacrifiant Piper. Substitution repose dès lors uniquement sur un enchaînement de visions dérangeantes, versant toujours plus dans le grand-guignol. Mutilation au couteau de cuisine, anthropophagie, cadavre conservé au congélateur… Les règles du cérémonial occulte servent de prétexte à des images-choc, cadrées frontalement.

Au-delà de son caractère tape-à-l’œil, cette horreur graphique construit également un miroir aux violences intrafamiliales décrites par le scénario – on apprendra que le père défunt des deux orphelins battait Andy en secret. Si cet horizon peine à donner une substance au film, il lui offre tout de même une troublante scène de mise à mort. Il faut, pour la décrire, dévoiler l’une des rares surprises du récit (attention spoilers) : pour mener à bien son funeste projet, Laura doit se débarrasser d’Andy et finit par le noyer alors qu’il gît blessé dans une flaque d’eau. La caméra s’attarde alors sur la poigne de la mère endeuillée, qui maintient immergée la tête de l’adolescent. Ce sont ainsi les mains d’une mère, ne rêvant que de retrouver les bras de sa fille perdue, qui se révèlent ici capables des pires atrocités.

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