Le Labyrinthe

Le Labyrinthe

de Wes Ball

  • Le Labyrinthe
  • (The Maze Runner)

  • États-Unis2014
  • Réalisation : Wes Ball
  • Scénario : Noah Oppenheim, Grant Pierce Myers, T.S. Nowlin
  • d'après : le roman L'Épreuve
  • de : James Dashner
  • Image : Enrique Chediak
  • Décors : Marc Fisichella
  • Costumes : Simonetta Mariano
  • Montage : Dan Zimmerman
  • Musique : John Paesano
  • Producteur(s) : Ellen Goldsmith-Vein, Lee Stollman, Wyck Godfrey, Marty Bowen
  • Production : Gotham Group, Temple Hill Entertainment
  • Interprétation : Dylan O'Brien (Thomas), Aml Ameen (Alby), Will Poulter (Gally), Kaya Scodelario (Teresa), Thomas Brodie-Sangster (Newt), Ki Hong Lee (Minho), Jacob Latimore (Jeff), Blake Cooper (Chuck)...
  • Distributeur : Twentieth Century Fox France
  • Date de sortie : 15 octobre 2014
  • Durée : 1h54

Le Labyrinthe

de Wes Ball

Labrats Pack


Labrats Pack

Déception à l’avant-première du Labyrinthe : Dylan O’Brien, le minois vedette du film (et star transfuge de la série Teen Wolf), n’est pas là parce que « vu le succès annoncé du film, le tournage de la suite a déjà commencé ». Faire saliver son auditoire tout en long annonçant que la star prévue n’est pas là : chauffeur de salle, c’est un métier. Il est vrai, cependant, que le public acquis d’emblée au film – une salle de 2700 places comble, tout de même – semble lui assurer le succès par avance – non que ce soit immérité, d’ailleurs : Le Labyrinthe se singularise en effet du tout-venant de l’adaptation des romans à succès pour ados, plutôt à bon escient.

La loi des séries

La couleur est donc annoncée d’emblée – à la façon de Hunger Games, Le Labyrinthe est le premier volet d’une trilogie, et toute l’esthétique du film s’en ressent, jouant délibérément sur les non-dits, les incertitudes, voire le cliffhanger final. Cela pourrait agacer, ça a déjà coûté beaucoup à des films comme La Cité des ténèbres. C’est ici judicieusement intégré à la présentation progressive d’un univers d’anticipation qui n’est pas sans rappeler des prédécesseurs très seventies, comme L’Âge de crystal ou Mondwest. À la fois thématiquement autosuffisant et ouvert sur une exploitation ultérieure, Le Labyrinthe bénéficie d’un univers cohérent et attirant, passé à la moulinette formelle des séries à mystère.

Personnage zéro

En revanche, pas question de laisser échapper quoi que ce soit sur les personnages : tous ont été privés de leurs souvenirs, et ils présentent un paradoxe dans le sous-genre bien codifié des films pour ados. Sans rien pour eux que leurs seules réactions aux événements, ils offrent la possibilité d’une identification efficace et immédiate de l’auditoire, mais cela les prive de la tentation de la romance rebelle adolescente, un classique pourtant. Et cela allège considérablement le film. Se délivrer du sentimentalisme primaire est une des meilleures idées du film[1]Même si on peut regretter que ne soit abordée la question de comment une quarantaine de jeunes garçons pleins de sève ont composé avec la frustration sexuelle accumulée pendant trois ans… Cela étant, le plan de la troupe mâle accueillant une fille au sein de leur communauté est déjà assez parlant., qui peut cependant par ailleurs pécher par des excès démonstratifs. Ainsi, chaque personnage a un rôle archétypal, qui semble intensément reflété dans sa physionomie, et le film n’évite ni les facilités, ni les plus lourds des clichés narratifs. Le Labyrinthe, avec ses naïvetés gênantes et ses belles intentions narratives, se place donc sur le haut du panier de la fiction adolescente.

Notes

Notes
1 Même si on peut regretter que ne soit abordée la question de comment une quarantaine de jeunes garçons pleins de sève ont composé avec la frustration sexuelle accumulée pendant trois ans… Cela étant, le plan de la troupe mâle accueillant une fille au sein de leur communauté est déjà assez parlant.

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