Le Petit Chat curieux

Le Petit Chat curieux

de Tsuneo Gôda

  • Le Petit Chat curieux
  • (Komaneko)

  • Japon2006
  • Réalisation : Tsuneo Gôda
  • Image : Masafumi Nagasaka, Hiroshi Fukumi
  • Montage : Makoto Hoashi, Megumi Yoshida
  • Musique : aikamachi+nagie
  • Producteur(s) : Noriko Matsumoto, Naoko Watanabe
  • [Animation] Hirokazu Minegishi, Tokiko Ohmukai, Mina Nohara (feutrine) [Marionnettes] Yoshiko Abiko [Direction artistique] Shinji Yabe
  • Distributeur : Gebeka Films
  • Date de sortie : 25 mars 2009

Le Petit Chat curieux

de Tsuneo Gôda

Coutures apparentes


Coutures apparentes

Un chat marionnettes s’amuse à faire du cinéma dans son grenier. Tsuneo Gôda s’amuse à le filmer.

Un chat marionnette qui joue à animer des objets qu’il dessine, fabrique et coud, avec application : la mise en abyme est sans cesse présente dans Le Petit Chat curieux – Komaneko qui, initialement, fut une commande passée au cinéaste Tsuneo Gôda. « À l’origine, Le Petit Chat curieux – Komaneko était un événement visant à présenter la technique du stop-motion ou image par image lors d’une exposition en 2003 au sein du Tokyo Metropolitan Museum », explique le réalisateur. Dans le passage au long métrage, le petit chat gagne en diversité, se présentant dans différentes techniques d’animation. La mise en abyme est toujours présente, puisqu’il s’agit pour ce personnage de faire des films. On voit la marionnette de chat fabriquer ses personnages, dessiner les décors, prendre soigneusement ses images une par une, puis offrir à la projection le résultat de son travail. Si André Bazin parlait de « la petite robe sans couture de la réalité », Gôda prend le parti de faire un cinéma aux coutures apparentes : Komaneko dévoile les coulisses du film en train de sa faire, et montre les coutures réelles de personnages faits de bric et de broc, qui enlèvent leurs masques ou prennent vie de façon inattendue. Ce film évoque le plaisir de faire des films, assimilé à un jeu, mais aussi de la peine, du temps que cela demande : des gouttes de sueur perlent à plusieurs reprises sur le front des animaux au travail.

La statuette en forme d’oscar félin trônant sur le buffet nous apprend que le père de Koma fait profession de ce que le petit chat prend pour un amusement. Mais alors que l’un est soumis à la panne d’inspiration, l’autre foisonne d’idées. Le petit chat s’illustre dans tous les genres, du fantastique lorsqu’il filme un fantôme, au documentaire animalier, lorsqu’il parcourt une campagne en deux dimensions, pour y traquer des images de gros chat ou de poussins. Son appareil de prise de vue se fait même caméra de surveillance guettant un monstre effrayant à l’orée du bois. Tantôt nous voyons le résultat de ce qu’a filmé le chat, tantôt nous n’en voyons que le tournage. Ainsi, constitué en différentes histoires indépendantes, le film conserve pourtant une unité de thème très forte. L’emboîtement des marionnettes observant leurs doudous et observées par le cinéaste constitue le principe permanent, au point qu’on ne sait qui, des deux, tire les ficelles.

Il faut aller voir Komaneko, parce qu’il est rare de voir des mouvements si bien animés, une lumière du soir si travaillée. Il faut y emmener les enfants que l’on connaît, parce que l’enthousiasme de Tsuneo Gôda est absolument communicatif, lui qui prend le cinéma pour un joyeux bricolage.

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