Les Aiguilles rouges

Les Aiguilles rouges

de Jean-François Davy

  • Les Aiguilles rouges

  • France2006
  • Réalisation : Jean-François Davy
  • Scénario : Jean-François Davy, Gaïa Guasti, Élisabeth Diot
  • Image : Béatrice Mizrahi
  • Montage : Thierry Derocles
  • Musique : Frédéric Talgorn
  • Producteur(s) : Jean-François Davy
  • Interprétation : Jules Sitruk (Luc), Damien Jouillerot (Jean-Pierre), Jonathan Demurger (Patrick), Pierre Derenne (Éric), César Domboy (Guy), Jules-Angelo Bigarnet (« l'Arsouille »), Raphaël Fuchs-Willig (« Tatave »), Clément Chebli (Bruno), Rufus (Marullaz)...
  • Date de sortie : 10 mai 2006
  • Durée : 1h33

Les Aiguilles rouges

de Jean-François Davy

Au revoir les enfants


Au revoir les enfants

Finalement, n’est-ce pas plutôt le parcours de Jean-François Davy qui aiguise la curiosité du cinéphile ? Réalisateur de films pornographiques et fantastiques, producteur (La Meilleure Façon de marcher de Claude Miller, L’Acrobate de Jean-Daniel Pollet), Jean-François Davy est bel et bien un ovni dans notre cinématographie nationale. Après vingt-trois ans sans tourner la manivelle d’une caméra, il revient pour réaliser un rêve : un film avec et pour les enfants.

1960. Un groupe de scouts part en randonnée pour aller escalader le massif du Brévent. De bouderies en querelles, d’animosités en ruptures, les huit jeunes garçons vont apprendre qu’au-delà de leurs différences (de religion, de culture, de milieu professionnel), ils ont finalement un point commun : l’amitié.

Sur cette trame narrative simpliste se dresse, une fois encore, un cinéma de qualité désuet. Les rebondissements scénaristiques sont forcément sans surprise et les personnages, tellement caricaturés qu’ils en perdent de leur éclat. Et certains de ces jeunes comédiens – pour la plupart bien aguerris dans ce métier – n’ont pas évité l’écueil du « rôle-manifeste » (Gilles Deleuze): le physique détermine le personnage, et cette définition tend à la caricature (le gros, le « à lunettes », le beau gosse, l’intello, le faible, le violent…). Ce microcosme resservi régulièrement dans les films pour ados et/ou pour enfants finit par lasser. Aucune innovation, aucun risque – et ce, même si cette histoire est tirée d’un fait-divers vécu par Jean-François Davy à l’âge de quinze ans. Également, la voix off féminine qui survole le film, tel un écho perdu dans ces hautes montagnes, ne laisse pas un seul instant de répit, c’est-à-dire de silence, à ce lieu.

Ce film d’initiation, où la montagne est l’incarnation géographique de l’épreuve, n’a pas la candeur, la gouaille, l’énergie des 400 Coups, des Disparus de Saint-Agil, de La Guerre des boutons, de Poil de Carotte, de L’Argent de poche, ou des Roseaux sauvages. La guerre d’Algérie est d’ailleurs le point de suture de la trame narrative – 1960 – mais à l’encontre du film de Téchiné, Les Aiguilles rouges ne touche que peu à la réflexion politique. La mise en scène est surtout une mise en image jusqu’à la présentation « vite-fait » des invités vedettes, Bernadette Lafont, Patrick Bouchitey, Richard Berry. Que de frustrations en somme !

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