Ils sont malheureux ces pauvres Vincennois, ces pauvres écrivains, ces pauvres djeun’s un peu paumés qui vivent dans un 80m² aux canapés rouges et aux bars américains oranges… Pourquoi ? Parce qu’ils ne sont pas sûrs d’eux, parce que l’amour est difficile à trouver. Éric de Montalier a réussi l’exploit, comme Thierry Klifa il y a quelques temps avec Le Héros de la famille, de réunir un casting impressionnant sur un scénario néantisant. Chapeau !
Mélanie Doutey a de très jolies jambes, et une très jolie poitrine. C’est une évidence. Éric de Montalier l’a compris et va donc lui faire tourner une scène d’amour, filmer ses lèvres pulpeuses et sa silhouette gracile. Nicole Gracia et Jacques Dutronc sont de bons acteurs, appréciés du public et de la critique la plupart du temps. C’est une évidence. Éric de Montalier va donc leur faire interpréter des rôles profonds et torturés. Ils seront des sexagénaires en manque d’amour, en déstabilisation familiale et en crise couple.
Car si l’on ne comprend pas très bien le propos (l’amour est plus fort que tout ? c’est ça ?), on s’est douté après quelques minutes que le réalisateur de ce premier film avait voulu parler de la difficulté de vivre à deux. On prend ainsi des jeunes, des vieux, des moyens, on ajoute des dialogues ultra-mordants saupoudrés de travellings sur le Paris d’un Doisneau pas très en forme. Quelques minutes plus tard, on obtient un film : Ma place au soleil.
Malgré quelques répliques bien senties (et surtout bien dites par André Dussollier que l’on retrouve une fois de plus en vieux garçon touchant et maladroit), le film ne parvient jamais à décoller, tant son discours, qui tend à être sérieux, est banal. Les personnages trop clichés ‑notamment un écrivain égocentrique en mal d’inspiration qui parle de la vie dans les cafés- s’ajoutent à la nouvelle déclinaison lénifiante du « c’est moche la vie moderne dans les grandes villes mais tout va mieux quand on rencontre l’amour ». Comme le souligne malicieusement un des stéréotypes ambulants de Ma place au soleil : « Aimer, ça veut rien dire, c’est un concept. » Effectivement, on attendrait plus de sens dans un film.