Ce Noël, nos bambins auront droit à deux films d’animation 3D faisant la part belle au règne animal. Si Le Voyage d’Arlo, seizième long-métrage des studios Pixar, est déjà sûr d’engranger de confortables recettes, Oups ! J’ai raté l’arche, petite coproduction européenne (d’origine irlandaise, allemande, belge et luxembourgeoise) budgétée à six millions de dollars ne bénéficiera en salles que d’une délicate position d’outsider. Une position aisément anticipable en cette saison et qui, au vu des enjeux commerciaux, aura peut-être muselé la folie créatives d’auteurs qui auront préféré s’appliquer à un strict – mais efficace – respect du cahier des charges inhérent au genre.
Peu d’audace
Aussi, Toby Genkel et Sean McCormack nous présentent-ils un premier film dont les ressorts semblent directement calqués sur les productions les plus formatées des studios Disney. Oups ! J’ai raté l’arche invitera de mignonnes petites créatures à surmonter leurs différences en faisant la découverte de possibles amitiés inter-espèces afin de peut-être gagner l’arche qui leur permettra de survivre au déluge. Au cours de cette aventure qui fera la part belle aux gags – souvent au détriment de la cohérence scénaristique (Finny le Nestrian s’avérant, à titre d’exemple, parfaitement capable de construire un bateau pour son groupe) – ils devront faire face à l’inexorable montée des eaux (malgré un temps radieux, passé quelques minutes de pluie) ainsi qu’à d’affamés griffons, forces antagonistes ayant surtout pour objet de susciter le rire des plus petits.
Mais un peu d’espoir
Si d’un point de vue technique, Oups ! J’ai raté l’arche semblera peut-être un peu daté en comparaison de machines de guerres américaines telle que Vice-Versa, ses couleurs chatoyantes et ses chara-designs en parfaite adéquation avec les attachantes personnalités de ses protagonistes ne manqueront pas d’émerveiller ses plus jeunes spectateurs. Quant à leurs parents, peut-être moins sensibles à la trop sage et trop convenue quête initiatique se jouant sous leurs yeux, ils se verront tout de même contraint de s’interroger sur l’issue des aventures des héros numériques de leurs bambins. En effet, ces touchantes créatures appartiennent toutes à des espèces n’existant pas, aussi ne sera-t-il pas évident de les imaginer parvenir à s’imposer sur l’arche. Le suspense final touchera donc d’autant que leur sincère et appliquée leçon de tolérance aura porté. Une leçon que nous aurions aimée moins nécessaire, à l’issue d’un mois de novembre 2015 dont les événements auront tragiquement animalisé quelques comportements.