People That Are Not Me
© Wayna Pitch
People That Are Not Me
    • People That Are Not Me
    • (Anashim Shehem Lo Ani)
    • Israël
    •  - 
    • 2016
  • Réalisation : Hadas Ben Aroya
  • Scénario : Hadas Ben Aroya
  • Image : Meidan Arama
  • Décors : Shir Kleiman
  • Son : Neal Gibbs
  • Montage : Or Lee-Tal
  • Musique : Yuval Shenhar
  • Producteur(s) : Hadas Ben Aroya
  • Interprétation : Hadas Ben Aroya (Joy), Netzer Charitt (Yonathan), Meir Toledano (Oren)...
  • Distributeur : Wayna Pitch
  • Date de sortie : 24 octobre 2018
  • Durée : 1h20

People That Are Not Me

Anashim Shehem Lo Ani

réalisé par Hadas Ben Aroya

Hadas Ben Aroya a étudié le cinéma à l’université de Tel Aviv ; à l’écran, elle est une jeune femme un peu désœuvrée, malmenée par ses sentiments et une libido débridée. Elle sort tout juste d’une rupture, dont elle ne semble pas très bien savoir elle-même si elle en est ou non l’instigatrice. Et c’est là son plus grand mal : elle ne sait pas. Le désir est pour elle une chose indomptable, une sorte de maelström qui l’amène à poursuivre l’idée de l’amour, à tenter de combler ce que l’on perçoit bientôt ça et là comme une forme de désespoir moderne. D’intranquillité aussi, et c’est un motif important du film.

Depuis son titre, People That Are Not Me, jusqu’à sa dualité chromatique (rose/bleu), en passant par son héroïne (mi-femme mi-enfant), cette œuvre est prise dans un mouvement de tiraillement. Ce principe de contrastes imprègne le film dans ses moindres scènes, et est réduit à sa plus pure essence lorsque l’on aperçoit, brièvement, la jeune femme refuser d’un mouvement du pouce les propositions d’homme que lui soumet une application internet. Dans un supermarché, qui plus est. Aucun doute, l’amour est devenu un réflexe de consommateur, le sport d’un doigt véloce et paresseux. Ailleurs, elle chante à la guitare, mais avec une maladresse touchante, comme si la jeune femme ne pouvait jamais s’accorder avec elle-même. Impossible, enfin, d’oublier le finale, et son déferlement de désespoir.

Le sentiment d’insatisfaction comme d’inachèvement, l’incompréhension des règles qui prédominent aux amours modernes ont quelque chose de contagieux : on se découvre assez vite projeté dans l’intimité dérangeante d’une jeune femme belle de ses errances. On éprouve son histoire, on la ressent. Ce qui, devant un film qui traite du plus vieux sujet du monde – l’amour – a de quoi réjouir. Hadas Ben Aroya a su parler d’elle sans fards ni artifices. Et, ce faisant, saisir l’esprit du temps et nous livrer une histoire universelle, vibrante, à fleur de peau.

Réagir