Elle est jolie, se fait appeler par un surnom tarte (Franssou) et, d’ailleurs, elle est un peu gourde. Mais comme elle est jouée par Isabelle Carré, on a presque envie de lui pardonner. Lassée de sa vie pépère et de son petit ami neuneu, elle profite d’un héritage pour aller se payer des vacances dans un hôtel de luxe à Cannes. Là, elle tombe amoureuse d’un escroc beauf (José Garcia) qui passe son temps à la traiter de conne. Bien décidée à ne pas lui lâcher les baskets et à vivre à fond son amour masochiste, elle s’embarque dans une arnaque visant à plumer un pigeon (François Cluzet) aussi idiot qu’il est subjugué par les charmes de la demoiselle.
Réalisé par Christian Vincent, qui à une autre époque a mis en scène de jolis films comme La Discrète et Beau fixe, et produit par StudioCanal et TF1 pour occuper vos dimanches soirs, Quatre étoiles est aussi emballant qu’une chambre dans un Formule 1 en bordure d’autoroute. Le scénario, un prétendu hommage à Lubitsch du niveau des téléfilms que la chaîne produit à la pelle, est suffisamment stupide pour permettre à toute la famille de vaquer à ses occupations tout en jetant un coup d’œil au petit écran de temps à autre. Pourquoi, alors, destiner ce vague ersatz d’Intolérable cruauté aux salles obscures ? Parce qu’Isabelle Carré et José Garcia ne font pas de télé et, puisqu’ils ont bien voulu payer leurs impôts en se fourvoyant dans une telle merde, autant miser sur le prestige des deux stars pour leurrer quelques malheureux à l’UGC du coin. Si la connerie restait inoffensive, tout cela ne serait pas bien grave… Mais la morale de cette grotesque pantalonnade, jouée à la va comme je te pousse et éclairée comme un paquet de lessive chez Monop’, est qu’une femme peut arriver à ses fins grâce à son cul et à son fric et vivre heureuse et épanouie avec un homme qui la traite comme une chienne. Sauf que Quatre étoiles n’a pas l’humour ni l’intelligence de La Secrétaire, l’irrésistible romance sado-maso de Steven Shainberg avec Maggie Gyllenhaal et James Spader. De toute façon, le film sortant presque deux mois jour pour jour après la Journée Internationale de la Femme, personne ne se rendra compte de rien. À part ça, tout va bien.