@Universal Studios
Renfield

Renfield

de Chris McKay

  • Renfield

  • Etats-Unis2023
  • Réalisation : Chris McKay
  • Scénario : Ryan Ridley, d'après une idée de Robert Kirkman
  • Image : Mitchell Amundsen
  • Décors : Alec Hammond
  • Costumes : Lisa Lovaas
  • Montage : Giancarlo Ganziano et Mako Kamitsuna
  • Production : Universal Pictures et Skybound Entertainment
  • Interprétation : Nicholas Hoult (Renfield), Nicolas Cage (Dracula), Awkwafina (Rebecca Quincy), Shohreh Aghdashloo (Ella), Ben Schwartz (Teddy Lobo), Adrian Martinez (Chris Marcos), Brandon Scott Jones (Mark).
  • Distributeur : Universal Pictures International France
  • Date de sortie : 31 mai 2023
  • Durée : 1h33

Renfield

de Chris McKay

Les morsures de la daube


Les morsures de la daube

Aux États-Unis, Renfield a bénéficié d’une inexplicable indulgence de la part de la critique, qui a cru discerner une certaine fraîcheur dans le souffle pourtant putride de son vampire. Dracula y est cette fois-ci campé par Nicolas Cage, dont les mimiques épuisantes, censées réconcilier Lon Chaney et Johnny Rotten, se soldent par une grotesque caricature de Christopher Lee. La seule idée notable de cette comédie horrifique jamais drôle est la relation de codépendance entretenue par le funeste comte et son valet, qui finit par rejoindre un groupe de parole dans l’espoir de se défaire de sa sujétion. À peine requinqué par un énième bain de sang, son maître pactise avec une cheffe de gang locale pour subjuguer la Nouvelle-Orléans et, partant, le reste du monde. Le choix de cette ville est une tentative maladroite d’aboucher ce Renfield sans mordant à Entretien avec un vampire, où Tom Cruise, l’exact contemporain de Cage, réussissait à conférer bien plus d’ambiguïté au personnage de Lestat. Tout sauf géniale, l’œuvre de Neil Jordan avait au moins le mérite d’anticiper la trajectoire de la superstar hollywoodienne, « en pronostiquant les apories existentielles d’un surhomme rongé de l’intérieur par sa stérilité, lancé au-devant d’une immortalité qui le condamnera irrémédiablement à la solitude »[1]Louis Blanchot, Les Vies de Tom Cruise, Capricci, 2016..

Renfield n’a en revanche rien à dire sur sa vedette, réduite à n’être que l’attraction foraine d’un film qui noie son postulat sous un dégueulis d’effets numériques dopés aux globules rouges. Cadrées n’importe comment, les scènes d’action recyclent machinalement les figures imposées des deux genres auxquels s’abreuve sans vergogne ce sous-produit composite, qui pratique l’emprunt comme d’autres trafiquent les organes : les films de super-héros et d’animation, que Chris McKay avait déjà traités d’un seul tenant, avec son Lego Batman, qui donnait libre cours à une même frénésie parodique, hystérisée ici par le jeu des acteurs (mention spéciale à l’insupportable Ben Schwarz). Elle constitue le dernier clou dans le cercueil de ce pastiche pop ranci, où sommeille la dépouille de Nicolas Cage, avant son prochain navet.

Notes

Notes
1 Louis Blanchot, Les Vies de Tom Cruise, Capricci, 2016.

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