© Zootrope Films
Speed Walking

Speed Walking

de Niels Arden Oplev

  • Speed Walking
  • ( Kapgang)

  • Danemark2014
  • Réalisation : Niels Arden Oplev
  • Scénario : Bo Hr. Hansen
  • d'après : Kapgang
  • de : Morten Kirkskov
  • Image : Rasmus Videbaek
  • Décors : Rie Lykke
  • Costumes : Anne-Dorthe Eskildsen, Pia Myrdal
  • Montage : Anne Østerud
  • Musique : Jacob Groth
  • Producteur(s) : Thomas Heinesen
  • Production : Nordish Film
  • Interprétation : Villads Bøye (Martin), Frederik Winther Rasmussen (Kim), Kraka Donslund Nielsen (Kristine), Anders W. Berthelsen (Hans), Pilou Asbæk (Kristian), Sidse Babett Knudsen (Lizzie)
  • Distributeur : Zootrope Films
  • Date de sortie : 13 février 2019
  • Durée : 1h48

Speed Walking

de Niels Arden Oplev

Love hurts


Love hurts

À l’aube de l’été 1976, la mère de Martin décède soudainement. Tandis que son père et son grand frère, dévastés, ne peuvent être d’aucun soutien pour le jeune adolescent, Kim et Kristine, ses amis et camarades de classes, l’accompagnent tant dans son deuil que dans la découverte de ses premiers émois amoureux. Le film pourrait se découper en deux parties : celle avant l’enterrement au cours de laquelle Martin se trouve en plein déni, puis la seconde où il semble tirer du décès soudain de sa mère un devoir, celui de vivre pleinement. Animé par un esprit de résilience, il a besoin, plus que tout, de se sentir vivant et d’expérimenter de nouvelles sensations. Les moments se voulant forts en émotion ne tirent jamais vers le larmoyant mais sont plutôt à l’image des affects de l’enfance, bruts et organiques. Si la caméra ne quitte jamais Martin, de tous les plans, elle se substitue moins à son point de vue qu’elle ne place le regard à sa hauteur pour être en harmonie avec son ressenti et sa sensibilité. Ce parti pris de n’exploiter qu’un seul arc narratif malgré les nombreux personnages secondaires confère au film l’aspect d’un témoignage authentique et l’impression de découvrir un journal intime.

La bonne cadence

Le personnage de Martin apparaît pour la première fois à l’écran en pleine marche sportive (le speed walking, sport qui donne son titre au film). Une séquence d’ouverture métaphorique au regard des semaines qui vont suivre pour le jeune adolescent, dessinant une épreuve qui le fera grandir en accéléré. Dans la vie comme dans sa discipline, Martin se révèlera malgré lui comme le plus rapide. Lors de ses entraînements, il préfèrera ainsi ralentir la cadence pour marcher aux côtés de son ami Kim plutôt que de prendre la première place. À défaut d’avoir une emprise sur les tristes événements qui frappent sa famille, Martin se raccroche alors à ce qu’il peut encore contrôler. La dernière séquence du film met en scène la compétition de marche rapide pour laquelle le jeune Martin s’entraîne depuis des semaines : assumant enfin d’aller plus vite que les autres, à pied comme dans la vie, il boucle joliment la boucle. Reste que si Niels Arden Oplev dépeint avec justesse le cheminement du deuil et l’éveil parfois douloureux à l’amour, Speed Walking respecte à la lettre le cahier des charges du récit d’apprentissage sans s’en éloigner et, en ce sens, souffre d’un certain schématisme. En traitant d’un thème rebattu au cinéma le film ne fait donc pas le pari de l’originalité, mais parvient néanmoins à trouver son intérêt dans la très grande proximité qu’il instaure avec son personnage.

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