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Terrifier 3

Terrifier 3

de Damien Leone

  • Terrifier 3

  • États-Unis2024
  • Réalisation : Damien Leone
  • Scénario : Damien Leone
  • Image : Georges Steuber
  • Montage : Damien Leone
  • Producteur(s) : Phil Falcone
  • Production : Bloody Disgusting, Dark Age Cinema, Fuzz on the Lens Productions, The Coven
  • Interprétation : David Howard Thornton (Art le Clown), Lauren LaVera (Sienna Shaw), Elliot Fullam (Jonathan Shaw), Samantha Scaffidi (Victoria Heyes)...
  • Distributeur : ESC Films
  • Date de sortie : 9 octobre 2024
  • Durée : 2h05

Terrifier 3

de Damien Leone

Mauvais clone


Mauvais clone

Grosse déception : après un Terrifier 2 assez réjouissant, où Damien Leone faisait montre d’une inspiration excédant ce qu’il avait jusqu’ici montré – un goût de l’artisanal, une approche de l’horreur à la fois vintage et jusqu’au-boutiste dans son goût de l’hémoglobine –, le troisième volet des aventures d’Art le clown s’apparente à une régression esthétique. L’affaire commence pourtant bien, avec une scène très classique de slasher rehaussée par un sens du hors champ (un massacre entendu depuis le bas d’un escalier par une petite fille aux yeux tétanisés) et cette jovialité macabre dont témoigne l’horrible Art, clown sadique increvable, entre le Michael Myers d’Halloween et l’entité démoniaque à la Clive Barker. Si la séquence s’impose comme l’une des meilleures de la franchise, la suite ne sera malheureusement qu’une longue descente tiraillée entre l’installation laborieuse d’un récit mal fichu et le surgissement autonome de vignettes horrifiques. Il y a sûrement de Leone dans les expérimentations laborantines d’Art, qui conçoit dans son atelier des nouvelles armes pour parfaire ses sévices, mais le film en tire moins ici de réelles trouvailles de mise en scène qu’un bric-à-brac d’effets pratiques – on reconnaît d’ailleurs au détour d’une scène Tom Savini, la légende des maquillages horrifiques[1]Précisons que Damien Leone est aussi, au-delà de sa quadruple casquette de réalisateur-producteur-scénariste-monteur, l’auteur des maquillages et effets spéciaux, à la fois pour ses propres films et pour d’autres productions. et collaborateur fétiche de Romero.

Leone retombe quelque part dans l’écueil du premier film, qui compensait sa mollesse d’ensemble par une surenchère dans la sauvagerie d’une poignée de massacres, s’en donnant à cœur joie pour triturer la chair. Mais même sur ce plan, Terrifier 3 paraît moins fécond que Terrifier 2, qui prenait le temps d’installer patiemment une série de scènes horrifiques aux accents burlesques : une fois l’ouverture passée, le décorum de Noël, supposé apporter sa couleur à ce troisième volet, restera finalement une matière peu exploitée. Le tout forme un film qui paraît naviguer à vue dans l’attente d’un Terrifier 4, en égrainant des petits segments où brille davantage la joie d’un technicien (le soin certain apporté aux prothèses) que l’inventivité d’un cinéaste. C’est un peu chiche.

Notes

Notes
1 Précisons que Damien Leone est aussi, au-delà de sa quadruple casquette de réalisateur-producteur-scénariste-monteur, l’auteur des maquillages et effets spéciaux, à la fois pour ses propres films et pour d’autres productions.

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