Le ciné-club Critikat vous donne rendez-vous le jeudi 21 décembre à 19h30 aux 3 Luxembourg pour (re)découvrir Sherman’s March de Ross McElwee. Aux côtés de Jonas Mekas, David Perlov, Ed Pincus (dont il a été l’élève) ou encore Alain Cavalier, avec qui il partageait l’affiche d’une rétrospective croisée au Centre Pompidou en 2019, Ross McElwee est l’un des principaux représentants du documentaire à la première personne. Sherman’s March, son premier long-métrage et sans doute son chef-d’œuvre, contient déjà les principales spécificités de son œuvre à venir, à commencer par un territoire (le Sud des États-Unis, dont il est originaire) et le rapport charnel qu’il entretient à la caméra. L’appareil s’apparente à une sorte d’œil mécanique, qui lui permet de rendre compte du monde, mais aussi d’y vivre. La grande question de sa filmographie, riche en scènes où ses proches lui demandent de poser sa caméra, tourne autour de cette opposition permanente entre vivre et filmer. Dans Sherman’s March, McElwee n’a encore ni femme ni enfant et voyage principalement seul. Entreprenant, cent-vingt ans plus tard, de refaire le parcours du général nordiste Sherman à travers le Sud confédéré pendant la guerre de Sécession, il en profite pour chercher l’amour. Quelques jours avant de débuter le tournage, sa copine l’a en effet quitté, transformant son projet socio-historique en une « méditation sur la possibilité de l’amour romantique dans le Sud à une époque de prolifération des armes nucléaires ». De rencontre en rencontre, commentées par une voix-off désabusée, McElwee signe à la fois un documentaire majeur sur les États-Unis des années 1980 et peut-être rien de moins que le meilleur film de drague de l’histoire du cinéma. La projection sera suivie d’un débat animé par Marin Gérard et Robin Vaz.