Court central

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Vitrine publique majeure de ceux qui, aujourd’hui, pensent le cinéma en moins de soixante minutes, le Festival International du Court Métrage de Clermont-Ferrand ouvre les portes de sa 34e édition du 27 janvier au 5 février prochains. « Vitrine » : le mot n’est pas trop réducteur, car depuis sa création en 1981 et son passage à l’international en 1988, la seule ligne éditoriale qui a pu se dégager de la politique du festival est la représentation exhaustive de toutes les tendances du court métrage, en compétition ou sur le marché des distributeurs, sans distinction de genre, de support, de renommée d’auteur, ou d’ambition. D’aucuns lui reprochent cette largesse de vue, cette volonté de brouiller les pistes et les tendances, qu’ils assimilent à une absence de parti pris, de position affirmée vis-à-vis du cinéma. D’autres ont pu pointer que cette ouverture n’était pas une garantie absolue de découvertes, comme le fit avec fracas le président du jury de la compétition 2004, Mathieu Amalric, en s’abstenant de décerner le moindre prix à une sélection française qu’il jugeait uniformément décevante. Quoi qu’il en soit, le festival arverne reste important, ne serait-ce que dans la visibilité qu’il offre à des films au format toujours méprisé par les salles obscures actuelles, rappelant à la face d’un cliché trop tenace que le cinéma n’a pas toujours à s’encombrer d’une heure trente pour s’exprimer.

Bien sûr, cela ne passe pas uniquement par la course aux breloques. Parallèlement aux trois compétitions (internationale, française et la plus expérimentale : « labo ») et au Marché du Film Court, cette trente-quatrième édition propose plusieurs programmes et rétrospectives très prometteuses. Parmi ces dernières, Hoy Cuba s’annonce comme un large panorama du cinéma court cubain des années 2000. L’Allemagne sera également à l’honneur, avec l’évocation du cinquantenaire du « manifeste d’Oberhausen » — déclaration fondatrice du « nouveau cinéma allemand » — et une rétrospective des courts d’un des plus radicaux cinéastes de ce mouvement, Alexander Kluge. Mouches et autres bestioles se focalisera autour de la figure de l’insecte. On redécouvrira le travail d’animation du Canado-Bulgare Theodore Ushev. D’autres programmes encore, aux thèmes divers, sont annoncés, comme autant de prétextes pour étoffer le tableau d’un cinéma court aux multiples visages à travers le temps et la géographie. À charge de nous autres, forçats de Critikat, de rendre compte du mieux que nous pourrons de cet imposant contenu. À dans quinze jours.

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