Kick-Ass 2

Kick-Ass 2

de Jeff Wadlow

  • Kick-Ass 2

  • États-Unis, Royaume-Uni2013
  • Réalisation : Jeff Wadlow
  • Scénario : Jeff Wadlow
  • d'après : les personnages de la série de comics Kick-Ass
  • de : Mark Millar, John S. Romita Jr
  • Image : Tim Maurice-Jones
  • Montage : Eddie Hamilton
  • Musique : Henry Jackman, Matthew Margeson
  • Producteur(s) : Matthew Vaughn, Adam Bohling, Tarquin Pack, David Reid
  • Interprétation : Aaron Taylor-Johnson (Dave Lizewski alias Kick-Ass), Christopher Mintz-Plasse (Chris D’Amico alias The Motherfucker), Chloë Grace Moretz (Mindy Macready alias Hit-Girl), Jim Carrey (Colonel Stars and Stripes)...
  • Date de sortie : 21 août 2013
  • Durée : 1h43

Kick-Ass 2

de Jeff Wadlow

La fille en cuir violet


La fille en cuir violet

Précédé de la réputation flatteuse – à relativement juste titre – du premier épisode, Kick-Ass 2 a beaucoup à prouver. Tout en s’appliquant à reprendre les recettes ayant fait le succès du premier volet, le film cherche sa voie dans la surenchère : plus de violence, plus de drame, plus de comique également – tout en plus sauf… la spontanéité. Ce qui laisse, par moment, voir les grosses ficelles d’un film qui se préoccupe plus de pérennité commerciale que d’intégrité narrative.

Le temps a donc passé et, malgré ce que veulent nous laisser croire les séquences introductives (un calque littéral d’une séquence culte du premier, ce qui n’est jamais un bon signe), le duo Hit Girl/Kick-Ass a vécu. Chacun va son chemin, chacun rencontre ses nouvelles difficultés, et nous voilà avec deux films au lieu d’un. La part comique est assurée, cette fois, par Hit Girl, à présent confrontée aux périls de la vie en tant qu’ado, où on ne peut que très rarement résoudre quelque chose à coups de tatane dans la gueule (quoique). Plutôt réussie, cette partie montre deux choses : que le personnage est intrinsèquement tragique, névrotique – cent fois plus riche et intéressant que le larmoyant Kick-Ass lui-même, et que le bouffon Red Mist, devenu The Motherfucker après avoir enfilé la tenue SM de feue sa mère (d’où « The Motherfucker », probablement…), et qui joue les utilités. Cela montre également que la production est pleinement consciente du potentiel et de la popularité du personnage incarné par Chloë Grace Moretz, et que l’accent est clairement mis sur celui-ci, au détriment de Kick-Ass.

Car c’est au tour du personnage d’Aaron Taylor-Johnson de souffrir – heureusement, car s’acharner sur Hit Girl après le finale terrible de Kick-Ass n’eût pas été très délicat. Voilà donc notre héros en pyjama vert en pleine crise existentielle, alors qu’il n’est plus le seul et unique super héros déclaré, et qu’il a essaimé dans le monde entier. Son second souffle, il le trouvera dans la bande de super-héros plus ou moins tocards présidée par l’intense Colonel Stars and Stripes. Malheur à ce dernier car, surenchère encore, on ne tue pas le père qu’une seule fois dans Kick-Ass 2 – sans doute histoire de rivaliser avec le destin de Big Daddy dans le premier épisode. Chargé de fournir une Némésis à Kick-Ass, Christopher Mintz-Plasse cabotine à mort sous les cuirs de The Motherfucker, s’offre une équipe de super-vilains, dont l’ultra-violente Mother Russia constitue le morceau de choix, puis termine dans le ridicule le plus consternant[1]Aidé en cela par des effets numériques indigents – mais ce n’est pas la seule raison de la débâcle du climax de Kick-Ass 2.

Impressionnant de négligence à l’égard de son personnage éponyme, Kick-Ass 2 a tout du film de transition vers sa future suite spin-off, vraisemblablement consacrée à la seule Hit Girl. Largement privilégiée, ce personnage se taille la part du lion d’une suite qui ne parvient à aucun moment à retrouver le rythme et la spontanéité du précédent volet. Kick-Ass 2, ou la « séquence teaser d’après générique » la plus longue à ce jour.

Notes

Notes
1 Aidé en cela par des effets numériques indigents – mais ce n’est pas la seule raison de la débâcle du climax de Kick-Ass 2

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