© Universal Pictures International France
Nobody

Nobody

de Ilya Naishuller

  • Nobody

  • États-Unis2020
  • Réalisation : Ilya Naishuller
  • Scénario : Derek Kolstad
  • Image : Pawel Pogorzelski
  • Montage : William Yeh
  • Interprétation : Bob Odenkirk (Hutch Mansell), Connie Nielsen (Becca Mansell), Alexeï Serebriakov (Julian)...
  • Distributeur : Universal Pictures International France
  • Date de sortie : 2 juin 2021
  • Durée : 1h32

Nobody

de Ilya Naishuller

Better watch John Wick


Better watch John Wick

Produit entre autres par David Leitch, Nobody se cache à peine d’être un ersatz de John Wick, au point que l’on s’attend, au détour d’un plan ou d’une scène, à tomber sur un détail qui fasse du film un spin-off de la franchise que l’ex-cascadeur a mise sur pied. Le récit suit peu ou prou la même trame : un tueur à la retraite (en l’occurrence affilié au gouvernement américain), qui mène une vie sans histoire, voit le vernis de sa nouvelle existence se fissurer, et sa violence contenue remonter à la surface. Le « nobody » s’appelle Hutch Mansell (Bob Odenkirk), et à la différence de John Wick, la craquelure qui va initier le déferlement de coups et de cadavres n’est, à peine, qu’une éraflure, une petite entaille à son ego.

Le film assume sa part régressive : la brutalité y est assimilée sans détour à une pulsion qu’il faut assouvir, et son reflux à une perte de la virilité (Mansell, depuis qu’il a mis au placard son ancienne profession, connaît une vie conjugale terne, sinon existante). Bref, Mansell va chercher la castagne pour redevenir un homme, dans des scènes d’action certes crues, mais qui n’atteignent jamais la sophistication des meilleures séquences de John Wick (surtout celles du deuxième volet), ni l’euphorie cartoonesque des films de Chad Stahelski, metteur en scène plus doué que Ilya Naishuller, ici derrière la caméra. Nobody flirte certes souvent avec la comédie (running gag paresseux : Mansell commence une confession à un adversaire agonisant, qui meurt avant qu’il n’ait pu aller au bout de son récit), mais au risque de s’enfermer dans un entre-deux frustrant, où il ne convainc ni sur le terrain de la gaudriole, ni sur celui de l’action pure – on s’étonnera d’ailleurs que la séquence sur le papier la plus spectaculaire se voit réduite à une série de vignettes expédiées en deux minutes. Enfin, un dernier regret : celui de voir Bob Odenkirk, si brillant dans Better Call Saul, cantonné à ce rôle maigrelet de « nobody », personnage insipide que le film tentera pourtant, sans grand succès, d’iconiser outrancièrement.

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