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Noël à Miller’s Point

Noël à Miller’s Point

de Tyler Taormina

  • Noël à Miller’s Point
  • (Christmas Eve in Miller's Point)

  • États-Unis2024
  • Réalisation : Tyler Taormina
  • Scénario : Tyler Taormina, Eric Berger
  • Image : Carson Lund
  • Décors : Paris Peterson
  • Costumes : Kim Odenthal
  • Son : Jackson Wargo
  • Montage : Kevin Anton
  • Musique : Ollie White
  • Producteur(s) : Kevin Anton, Eric Berger, David Croley Broyles, Calogero Carucci, Michael Cera, Kim Dai, Michael Jeffrey Davis, David Entin, Joseph Lipsey, Krista Minto, Michael J. Reistetter, Rob Rice, Duncan Sullivan, Tyler Taormina, Oliver Toy
  • Production : Omnes Films
  • Interprétation : Matilda Fleming (Emily), Maria Dizzia (Kathleen), Francesca Scorsese (Michelle), Michael Cera (Officer Gibson), Sawyer Spielberg (Ty)...
  • Distributeur : Paname Distribution
  • Durée : 1h46min

Noël à Miller’s Point

de Tyler Taormina

A Christmas Carol


A Christmas Carol

Dans Noël à Miller’s Point, Tyler Taormina pousse la logique du film choral, particulièrement adaptée aux rassemblements de fin d’année (Gens de Dublin, Un conte de Noël, etc.), jusqu’à atomiser le réveillon de Noël d’une famille italo-américaine (très) élargie en une myriade de petites vignettes. Après quelques minutes, on comprend que cet éclatement sert de principe structurant au film : aucun récit ne viendra s’installer dans la durée, aucun des nombreux personnages n’occupera le devant de la scène. D’une durée variable, ces microséquences souvent comiques et relativement autonomes peuvent tout aussi bien naître d’une sensation fugace que d’un dialogue saugrenu. Le réalisateur d’Ham on Rye épouse ainsi la logique du souvenir, où l’expérience passée s’imprime dans la mémoire sous forme d’une multitude de fragments plutôt que d’un récit continu et totalisant. Voilé d’une douce nostalgie, cet ensemble composite est dynamisé par un montage musical inventif, rythmé par des standards des années 1950 et 1960. Le film multiplie de la sorte les contrepoints : à des scènes ironiques (telles celles raillant des traditions désuètes) se succèdent des plans plus empathiques, où s’expriment furtivement les sentiments des personnages (la peur d’un enfant qui s’introduit dans une cave, l’ennui teinté de mélancolie d’une vieille dame qui observe ses proches, etc.).

Si Noël à Miller’s Point prend le risque de s’épuiser dans un tel éparpillement, il mute dans sa deuxième partie, au moment où les ados quittent la demeure familiale pour rejoindre leurs amis en ville : le film de Noël laisse alors partiellement place au teen movie, notamment dans l’une des plus belles séquences du film. Le groupe se disperse en plusieurs duos qui s’isolent dans différentes voitures aux parebrises recouverts d’un fin manteau neigeux. Le montage fait alors défiler une suite de plans où se déploie tout un ensemble de variations autour des rapports intimes adolescents (des baisers, de la gêne, ou plus incongru, du beatboxing). À l’image de l’ensemble du film, c’est par l’attention accordée à la singularité de quelques gestes et détails que se noue une proximité affective et mémorielle très forte vis-à-vis des personnages.

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