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La Ligne bleue

La Ligne bleue

de Marie Dumora

  • La Ligne bleue

  • France2026
  • Réalisation : Marie Dumora
  • Scénario : Marie Dumora
  • Image : Marie Dumora
  • Son : Xavier Griette, Aline Huber
  • Montage : Catherine Gouze
  • Producteur(s) : Sophie Dulac, Alice Ormières, Michel Zana, François Morisset
  • Production : Dulac Productions
  • Distributeur : Dulac Distribution
  • Date de sortie : 16 septembre 2026
  • Durée : 2h04

La Ligne bleue

de Marie Dumora

La cicatrice extérieure


La cicatrice extérieure

Depuis plus de vingt ans, Marie Dumora mène une exploration documentaire dans l’est de la France qui l’a conduite à effleurer certains traumatismes liés à l’Occupation (comme la déportation des Yéniches dans Belinda, sorti en 2018). C’est sur l’un d’entre eux que se concentre son dernier film, La Ligne bleue, en faisant ressurgir la « cicatrice rose » qu’avait laissée la carrière de granit du camp du Struthof (le seul camp de concentration établi sur le sol français), désormais recouverte par la végétation. La question de la mémoire s’entrelace avec celle de la topographie : il s’agit, à travers la parole des témoins directs ou indirects, d’exhumer le souvenir enfoui d’une violence presque effacée, celle du camp de Natzweiler (plus connu sous le nom de camp du Struthof) implanté en 1941 en Alsace, alors annexée au Troisième Reich. Le camp et la route qui y conduit furent construits par les déportés eux-mêmes, contraints au travail forcé dans la carrière. Environ 52 000 personnes ont été détenues dans l’un des camps du complexe de Natzweiler, et au moins 17 000 y ont péri.

Les témoignages se confrontent ainsi aux paysages et permettent aux images du passé de se superposer à celles du présent pour révéler une réalité enfouie, mais toujours vivace, comme la route qui contourne le village et sinue désormais au cœur de la forêt. Si la démarche rappelle, toutes proportions gardées, celle de Claude Lanzmann dans Shoah, on peut regretter que la mise en scène ne soit pas tout à fait à la hauteur de ce travail de recherche et des témoignages, dont certains sont bouleversants. Le film est un peu tributaire du dispositif de Marie Dumora (caméra portée, objectif 50 mm) qui permet de créer des bulles d’intimité avec les personnes interrogées, mais ne parvient pas tout à fait à mettre visuellement en perspective la relation des récits aux paysages. Le film a néanmoins pour mérite de (re)mettre en lumière cet épisode méconnu de notre Histoire et les formidables élans de solidarité et de fraternité de certains villageois alsaciens envers les déportés (allant du petit geste de charité jusqu’à de véritables histoires d’amour), à une période où la lâcheté, l’indifférence, la négation de l’autre ont pourtant bien souvent été de mise.

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