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Garance

Garance

de Jeanne Herry

  • Garance

  • France2026
  • Réalisation : Jeanne Herry
  • Scénario : Jeanne Herry
  • Image : Antoine Cormier
  • Décors : Nicolas de Boiscuillé
  • Montage : Laurence Briaud
  • Producteur(s) : Alain Attal, Nicolas Dumont, Philippe Logie, Solveig Rawas, Hugo Sélignac
  • Production : Chi-Fou-Mi Productions, Trésor Films, Studiocanal
  • Interprétation : Adèle Exarchopoulos (Garance), Sara Giraudeau (Pauline), Sarajeanne Drillaud (Judith)...
  • Distributeur : Studiocanal
  • Durée : 1h55

Garance

de Jeanne Herry

Ciné-intervention


Ciné-intervention

Catapulté en compétition à Cannes (on ne sait pas trop pourquoi), Garance mise davantage sur le brio de ses interprètes et l’écriture de ses dialogues que sur sa mise en scène. On y suit Adèle Exarchopoulos en actrice intermittente qui galère entre ses déménagements successifs, son instabilité professionnelle, la découverte de sa bisexualité et ses sorties à répétition qui lui valent une gueule de bois constante. En vérité, le film avance masqué (ou du moins croit le faire) : son montage elliptique, qui réduit les séquences à des fragments lacunaires accompagnés d’une voix off rétrospective, lui permet de travailler son véritable sujet sans le dévoiler tout de suite, à savoir l’alcoolisme du personnage. Problème : lorsque le film, au bout de quarante-cinq minutes, opère son virage avec une scène d’intervention, on a déjà compris depuis un moment où il voulait en venir. Et la tactique du montage, qui est pourtant arrivée au bout de sa logique, se poursuit sur un mode désormais purement impressionniste ; il s’agit de capter l’énergie de la vie en multipliant de petits morceaux (positifs comme négatifs) gorgés de sa sève.

Le recours à cette stratégie convenue est d’autant plus dommage que le film renferme un portrait d’alcoolique parfois brossé avec une certaine délicatesse – ou du moins une bienveillance qui flirte par endroits avec l’édulcoration, les trous du récit élaguant au passage les moments potentiellement les plus scabreux. Exarchopoulos porte certes le personnage avec vigueur, mais son itinéraire reste cadenassé par un scénario qui n’y va pas avec le dos de la cuillère, ajoutant un autre dossier médical dans la seconde moitié du film (la leucémie de la petite sœur de Garance) pour nous arracher les larmes. Le film reste de fait trop lisse (a‑t-on jamais vu une malade atteinte d’un cancer aussi bien maquillée ?) et formellement mou (le ralenti final, involontairement drôle) pour y parvenir, d’autant que sa morale confine au mantra publicitaire d’une célèbre marque de jus de fruits pétillant destiné aux enfants : sans alcool, la fête est plus folle.

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