Source : Rezo Films
Le Bruit des gens autour

Le Bruit des gens autour

de Diastème

  • Le Bruit des gens autour

  • France2008
  • Réalisation : Diastème
  • Scénario : Diastème, Christophe Honoré
  • Image : Philippe Guilbert
  • Montage : Chantal Hymans
  • Musique : Szymon Brzóska
  • Producteur(s) : Thomas Anargyros, Édouard de Vésinne
  • Production : Cipango
  • Interprétation : Bruno Todeschini (Richard), Emma de Caunes (Maud), Frédéric Andrau (Alex), Léa Drucker (Kate), Olivier Py (Marko), Jeanne Rosa (Louise), Judith El Zein (Léna), Olivier Marchal (Henri), Linh-Dan Pham (la spectatrice)...
  • Date de sortie : 9 juillet 2008
  • Durée : 1h45

Le Bruit des gens autour

de Diastème

Beaucoup de bruit pour rien


Beaucoup de bruit pour rien

Avignon est un décor de cinéma splendide, et le festival de théâtre qui participe à sa renommée est un cadre idéal pour y situer l’action d’un film choral, un genre fourre-tout qui ne donne en général rien de très bon mais que certains cinéastes ont su transcender (Robert Altman et Woody Allen pour ne citer qu’eux, et c’est déjà beaucoup). Diastème, journaliste (il a notamment travaillé pour Première), auteur de romans et de pièces de théâtre – dont certaines ont d’ailleurs été jouées en Avignon – a choisi d’y situer l’action de son premier film, Le Bruit des gens autour (joli titre), et de montrer les déboires professionnels et sentimentaux de quelques artistes, techniciens, assistants et spectateurs qui vivent, pendant un mois, au rythme de l’un des plus grands festivals au monde.

Le piège principal du film à multiples personnages, c’est le risque pour le réalisateur de s’éparpiller, de vouloir brasser de nombreux sujets pour, finalement, ne rien dire du tout. Avec son co-scénariste Christophe Honoré, qu’on a connu plus inspiré, Diastème s’attache à démontrer comment l’art et la vie, le professionnel et le personnel s’imbriquent totalement pour ne plus faire qu’un. Un duo de jeunes chanteuses-comédiennes rame pour rameuter les spectateurs à son show : l’une, lumineuse et optimiste, éclipse presque l’autre, dépressive et suicidaire. Un technicien maladroit et attachant (Olivier Marchal) va inévitablement tomber amoureux de la première, pendant que la seconde sombre dans le souvenir d’un liaison passée. Parallèlement, deux jeunes comédiens (Emma de Caunes et Frédéric Andrau) se déchirent en attendant l’arrivée de l’auteur de la pièce à succès qu’ils jouent. L’écrivain en question (Bruno Todeschini) tente de se remettre de la mort de sa femme, notamment dans les bras d’une spectatrice étrange (Linh-Dan Pham). Enfin, une danseuse célèbre et capricieuse (Léa Drucker) répète son spectacle dans la Cour d’honneur du Palais des Papes en martyrisant son assistant et amant (Olivier Py).

Cela fait beaucoup pour un seul film et malgré des ambitions évidentes, Diastème ne résiste pas longtemps aux poncifs inhérents au genre, d’autant que certains partis pris de mise en scène s’accommodent fort mal du sous-texte réaliste sur les affres de la création et la précarité des intermittents du spectacle. Diastème aménage quelques moments oniriques (l’intro du film, où tous les personnages sont reliés par l’eau, le chant d’Olivier Py ou la scène finale, volontairement ouverte) plutôt réussis, ainsi que quelques captations de spectacle réellement gracieuses – particulièrement les scènes de danse où Léa Drucker interprète des chorégraphies de Sidi Larbi Cherkaoui. Hélas, ces instants ne suffisent pas à effacer des dialogues souvent caricaturaux (du genre : « je souffre, tu souffres, souffrons ensemble, le théâtre c’est la vie et la vie est un théâtre ») et des comédiens qui semblent ne pas jouer dans le même film. Si Bruno Todeschini, Léa Drucker ou Olivier Marchal s’en sortent très honorablement, on ne peut pas en dire autant de Jeanne Rosa et Frédéric Andrau, comédiens habitués des planches dont le jeu très théâtral passe très mal sur grand écran, ou la carrément insupportable Linh-Dan Pham, qui cabotine affreusement dans un rôle déjà passablement irritant. Le film sort à une date opportune, gageons qu’il fera l’essentiel de ses entrées… en Avignon.

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