Qui peut réellement prétendre connaître dans le détail l’impressionnante filmographie d’Alfred Hitchcock, proclamé depuis plusieurs décennies « maître du suspense » et source d’inspiration intarissable pour d’autres réalisateurs tels que Brian De Palma, David Lynch ou encore Gus Van Sant ? L’homme aux soixante-dix longs-métrages de cinéma, trop longtemps relégué au rang d’habile faiseur d’Hollywood avant que les critiques de la Nouvelle Vague ne s’en mêlent, reste cependant une énigme. Si on a pu longuement s’exprimer sur la dimension sexuelle de ses œuvres, sur ses héroïnes aussi froides qu’inaccessibles ou encore sur son étonnante acuité à construire de véritables enjeux de cinéma autour du hors-champ, le génie d’Hitchcock continue de nous donner le sentiment que ses films se dérobent, trop lisibles pour ne pas jeter le trouble, trop ironiques pour ne pas être pris au sérieux. À l’instar de The Lodger, film méconnu de 1928 ressorti en salles ces dernières semaines, tout un pan de sa filmographie (notamment anglaise) reste dans l’ombre de chefs d’œuvre tels que Les Enchaînés, Vertigo ou encore Psychose. Avec cette rétrospective intégrale, la Cinémathèque Française nous permettra peut-être de résoudre l’énigme Hitchcock.
Alfred Hitchcock à la Cinémathèque Française
Alfred Hitchcock à la Cinémathèque Française
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