Black Dynamite

Black Dynamite

de Scott Sanders

  • Black Dynamite

  • États-Unis2009
  • Réalisation : Scott Sanders
  • Scénario : Michael Jai White, Byron Minns, Scott Sanders
  • Image : Shawn Maurer
  • Montage : Adrian Younge
  • Musique : Adrian Younge
  • Producteur(s) : Jenny Wiener Steingart, Jon Steingart
  • Interprétation : Michael Jai White (Black Dynamite), Arsenio Hall (Tasty Freeze), Tommy Davidson (Cream Corn), Salli Richardson-Whitfield (Gloria)...
  • Date de sortie : 13 janvier 2010
  • Durée : 1h30

Black Dynamite

de Scott Sanders

Qui aime bien


Qui aime bien

Black Dynamite, faut pas le chercher. Grand séducteur, artiste martial redouté, il est pourvu d’un tempérament pour le moins sanguin. Après le meurtre de son frère, notre héros va découvrir un complot terrible mené contre la communauté noire. Et on ne menace pas impunément Black Dynamite, surtout quand le réalisateur Scott Sanders est juste derrière lui, prêt à ressusciter avec bonheur la Blaxploitation. You dig it ?

Étrange cinéma que celui du spoof. À la suite de Scream, Scary Movie a pavé la voie à un nouveau sous-genre, celui de la parodie systématique, du digest à la mode YouTube des films de genre à succès. Ce concept, vite érigé en système, a fait son temps – la baisse des entrées autant que la pauvreté de son inspiration le disent bien. Et c’est heureux, car dès ses premiers avatars, le sous-genre du spoof a fait avant tout montre d’une implacable haine, d’un mépris cassant pour les genres qu’il parodiait.

Rappelons, au risque de nous répéter, combien il importe, pour réussir une bonne parodie, d’avoir autant l’expérience que l’amour du genre. C’est ce qu’avaient bien compris Wes Craven pour Scream, Mel Brooks pour Frankenstein Junior ou Rob Reiner pour Princess Bride, et ce dont semble conscient Scott Sanders avec ce Black Dynamite. Car l’homme connaît manifestement ses classiques de la Blaxploitation – le mythique Shaft en tête. Loin de la démarche de Tarantino dans Jackie Brown, Scott Sanders se rapproche plus volontiers de la saga parodique star du marché français, OSS 117. Le réalisateur adopte ainsi une approche parfaitement premier degré de son genre, en jouant même la carte de l’hyperbole. Black Dynamite débite donc son texte d’une embarrassante naïveté avec un sérieux improbable, tout au long d’un scénario dont l’un des principaux atouts est d’aligner sans honte aucune les péripéties les plus ahurissantes.

Mais à la différence de l’équipe de OSS 117, celle de Black Dynamite s’est attachée à reproduire fidèlement – et avec une belle tendresse – les défauts techniques des films de son genre tutélaire. Ainsi, se multiplient les scènes aux approximations évidentes : micro dans le champ, chutes (mal) filmées sur fond bleu, cascades gauches censées figurer la toute puissance martiale du héros, seconds rôles au jeu outrageusement appuyé… Ce qui différencie OSS 117 et Black Dynamite, c’est avant tout que ce dernier a un corpus bien plus important, et très codifié, auquel se référer – mais pas seulement. Le public de destination des deux films diffère : là où OSS s’adresse en priorité au public tricolore, remplissant le créneau si lucratif de la « comédie française », certainement le plus rentable du marché intérieur français ; Black Dynamite s’adresse lui avant tout aux cinéphiles. C’est un choix qui lui refuse certainement les faveurs d’un public moins averti, friand d’un récit consommable sans apprêt (cela lui a d’ailleurs valu d’être un retentissant ratage financier aux États-Unis). Mais ce choix fait de ce polar une comédie de haute tenue, qui ressuscite avec deux mesures également justes d’hommage et de dérision le genre de la Blaxploitation. Drôle et fin, aussi bête que subtil : we dig it !

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