Blood : The Last Vampire

Blood : The Last Vampire

de Chris Nahon

  • Blood : The Last Vampire

  • France, Japon, Argentine, Hongkong2009
  • Réalisation : Chris Nahon
  • Scénario : Chris Chow
  • d'après : le film animé Blood: The Last Vampire
  • de : Hiroyuki Kitakubo (scénario : Kenji Kamiyama, Katsuya Terada)
  • Image : Poon Hang-Sang
  • Montage : Marco Cavé
  • Musique : Clint Mansell
  • Producteur(s) : Bill Kong, Abel Nahmias
  • Interprétation : Gianna Jun (Saya), Allison Miller (Alice McKee), Liam Cunningham (Michael), J.J. Feild (Luke), Koyuki (Onigen), Yasuaki Kurata (Kato Takatora)...
  • Date de sortie : 17 juin 2009
  • Durée : 1h31

Blood : The Last Vampire

de Chris Nahon

Indigestion sanguine


Indigestion sanguine

Les films de vampires sont à la mode. Après Twilight et Morse, cette nouvelle production du genre fait sa triste apparition sur nos écrans. Chris Nahon, qui est déjà l’auteur de croûtes cinématographiques mémorables (L’Empire des loups), a osé s’attaquer à l’adaptation live de l’un des films d’animations japonais les plus technologiquement évolués de son époque : Blood : The Last Vampire (2001). Le résultat est consternant de médiocrité, cette version n’étant qu’un vulgaire clip mal filmé, doté d’effets spéciaux low tech risibles. Une honte.

Réaliser une version live du film d’animation japonais Blood : The Last Vampire est un projet très risqué. Cet animé, dont le directeur artistique n’est autre que le visionnaire Mamoru Oshii, fut considéré à l’époque comme une véritable prouesse technique. La combinaison savante d’images 2D et 3D et la perfection stylistique de cette œuvre impressionna particulièrement un certain James Cameron, véritable fan d’animation japonaise et d’évolutions technologiques. On aurait préféré voir le cinéaste canadien aux commandes de ce projet compliqué, l’adaptation de Chris Nahon étant une catastrophe cinématographique, qui prend ouvertement le spectateur pour un con. Le Français, qui est un membre fameux de la lamentable écurie Besson, ne semble pas renier la tutelle de son père spirituel : Nahon, comme Besson, est un réalisateur de série Z, qui nous vend des grosses productions frelatées à la stylistique soi-disant évoluée. Pur marketing, car on se retrouve le plus souvent en présence de films risibles, pâles copies des productions hollywoodiennes (l’un des grands maux du cinéma d’action français) et hongkongaises. Le scénario de l’anime, peu développé, possédait pourtant un potentiel fantastique intéressant avec son histoire de chasseuse de vampires luttant dans un Japon gangrené par les démons. L’adaptation live reprend les grands traits de ce récit en cherchant à l’agrémenter de quelques éléments scénaristiques ratés permettant au métrage d’atteindre difficilement les 1h30 : chaque flash-back et développement sont tellement convenus qu’ils en deviennent tristement ridicules.

Le principal problème de Blood : The Last Vampire, c’est son absence d’ambition : on est en présence d’un film à l’aspect fauché, tourné en Argentine et en Chine pour faire quelques économies, avec des acteurs anglophones de seconde zone, tous plus mauvais les uns que les autres. En bonne production Z, la plupart des Japonais sont joués par des Chinois à l’accent prononcé et l’héroïne principale, qui est à l’origine nippone, est interprété par une vedette sud-coréenne (héroïne du succès My Sassy Girl). Pour Nahon et ses producteurs, les Asiatiques se ressemblent tous… Du pur nanar que ne renierait pas le grand Albert Pyun (producteur et réalisateur de bon nombre de séries Z croustillantes des années 1980 et 1990). Cette atmosphère ringarde pourrait apparaître vaguement sympathique si ce film ne bénéficiait pas d’une sortie internationale prestigieuse avec 200 salles en France. Une honte au regard de ce qui nous est présenté. Si l’anime était une prouesse technologique, cette adaptation est dotée d’effets spéciaux low tech, dignes des pires cinématiques d’une Playstation 1. On bénira longtemps l’humour des concepteurs des effets numériques, qui ont créé des monstres dont la vision permettra de faire hurler de rire l’amateur éclairé d’œuvres fantastique évoluées : Blood est un hommage involontaire à l’animation image par image du Choc des Titans (1981) et à Godzilla version 1950. Pourquoi vouloir adapter une telle œuvre high tech si l’on n’en a pas les moyens ? Si la mise en scène était à la hauteur, pourquoi pas, mais Nahon ne sait pas construire un plan convenable (les combats sont illisibles), ni même insuffler un semblant de rythme à son film. Blood est une régression par rapport aux matériaux d’origine et provoque le sentiment déplaisant de s’être fait prendre pour un con. Pourquoi aller au cinéma, alors que l’on trouve les mêmes produits en deuxième partie de soirée sur les plus mauvaises chaînes du câble ? Dans le même genre, revoyons vite Blade 2 de Guillermo del Toro afin de nous réconcilier avec les chasseurs de vampires.

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