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Bonne mère

Bonne mère

de Hafsia Herzi

  • Bonne mère

  • France2021
  • Réalisation : Hafsia Herzi
  • Scénario : Hafsia Herzi
  • Image : Jérémie Attard
  • Son : Guilhem Domercq
  • Montage : Eric Armbruster, Camille Toubkis
  • Musique : Remi Durel
  • Producteur(s) : Saïd Ben Saïd, Michel Merkt
  • Production : SBS Productions
  • Interprétation : Halima Benhamed (Nora), Sabrina Benhamed (Sabah), Jawed Hannachi Herzi (Jawed), Mourad Tahar Boussatha (Ellyes), Malik Bouchenaf (Amir), Justine Grégory (Murielle), Maria Benhamed (Maria)...
  • Distributeur : SBS Distribution
  • Date de sortie : 21 juillet 2021
  • Durée : 1h36

Bonne mère

de Hafsia Herzi

La gardienne du temple


La gardienne du temple

Dans Bonne mère, son deuxième long-métrage, Hafsia Herzi dépeint le quotidien d’une mère de famille et du petit clan qu’elle tente de maintenir à flot. Le parallèle avec la célèbre basilique marseillaise est d’abord une façon de donner au personnage de Nora (Halima Benhamed) une place symbolique centrale, alors même que son quotidien tendrait plutôt à l’effacer du décor. La première partie du film relève ainsi davantage du portrait que de la chronique et montre Nora en véritable « mère courage », levée à l’aube, cumulant deux emplois et assurant, une fois rentrée chez elle, la cuisine, le ménage et la garde des petits-enfants. Si la réalisatrice charge un peu trop la dimension sacrificielle en multipliant les preuves de sainteté de son personnage (la connotation religieuse du titre n’est pas totalement absente du regard porté sur Nora), le jeu d’Halima Benhamed, tout en colères retenues et sourires bienveillants, permet de contenir le pathos qui s’exprime par ailleurs à travers la bande originale et certains dialogues.

Le film ne commence finalement à prendre qu’à partir du moment où il accorde une plus grande place aux autres membres de la famille. On comprend dès lors que Nora, comme Notre-Dame-de-la-Garde, est une figure surplombante plutôt que centrale, et que ses valeurs et sa rigueur morale (abnégation, amour de la France, foi en un multiculturalisme heureux, etc.) forment un idéal qui tend à s’affaiblir à mesure qu’il se transmet aux générations suivantes. Sans échapper à une certaine lourdeur démonstrative, Bonne mère produit du moins une tension intéressante par cette construction en miroir qui oppose l’inébranlable Nora à ses enfants, tous plus ou moins perdus (un fils paresseux et oisif, un autre incarcéré et une fille attirée par l’argent facile de la prostitution). Rien qui ne permette d’échapper à la banalité d’un récit en forme d’hagiographie, mais comme le projet consiste visiblement davantage à rendre hommage à une femme qu’à mettre son portrait en mouvement, on pourra considérer que l’objectif est atteint.

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