© Les Alchimistes
La Déesse des mouches à feu

La Déesse des mouches à feu

de Anaïs Barbeau-Lavalette

  • La Déesse des mouches à feu

  • Canada2019
  • Réalisation : Anaïs Barbeau-Lavalette
  • Scénario : Catherine Léger
  • d'après : le roman
  • de : Geneviève Pettersen
  • Image : Jonathan Decoste
  • Costumes : Sophie Lefebvre
  • Son : Martyne Morin
  • Montage : Stéphane Lafleur
  • Musique : Sylvain Bellemare
  • Producteur(s) : Luc Vandal
  • Production : Coop Vidéo de Montréal
  • Interprétation : Kelly Depeault (Catherine), Caroline Néron (la mère), Normand d'Amour (le père), Robin l'Houmeau (Keven)...
  • Distributeur : Les Alchimistes
  • Date de sortie : 10 novembre 2021
  • Durée : 1h45

La Déesse des mouches à feu

de Anaïs Barbeau-Lavalette

Jouer avec le feu


Jouer avec le feu

Adaptation d’un best-seller canadien, La Déesse des mouches à feu semble dès les premières minutes vouloir éviter les (nombreux) écueils du film initiatique adolescent, mais ne parvient qu’à reproduire des motifs et clichés du genre (constitution d’amis, scènes de première(s) fois, amourettes, etc.). La rupture des parents de Catherine, à grand renfort de cris et de violentes disputes, est le point de départ de la rébellion de cette timide adolescente qui sombre dans une addiction à la mescaline en rejoignant une nouvelle bande d’amis. Ce besoin d’affection est à peu près le seul élément fourni par le récit pour justifier le comportement de Catherine, source de scènes inconsistantes reposant davantage sur des figures stéréotypées que sur de véritables personnages. Seul celui de Mélanie, parmi les adolescents, parvient à entretenir une certaine ambiguïté, se faisant rivale puis alliée de l’héroïne – mais c’est au prix d’une overdose qu’elle finit par exister dans le récit. La mise en scène souffre en particulier d’un manque de finesse lorsqu’il s’agit de représenter, en parallèle, le tournant mélodramatique de la vie familiale de Mélanie (la chambre de sa nouvelle maison dont la vue donne sur un champ de lignes à haute tension, ou les objets symbolisant le passé que se disputent ses parents).

Parmi les maladroites tentatives pour faire se rejoindre les deux mondes du personnage (d’un côté, l’implosion du noyau familial, et de l’autre ses virées avec les copains junkies) figure l’une des scènes les plus grotesques du film, lorsque les parents qui jusque-là se jetaient les pires insultes au visage se réconcilient pour faire cause commune face à l’addiction de leur fille. Ce retournement de situation achève de décrédibiliser l’ensemble du film, déjà fragilisé par son esthétique boursouflée d’effets clipesques vintage déjà vus cent fois ailleurs. Tous les prétextes sont bons pour marteler l’ancrage du film dans les années 1990, de la bande-son constituée de hits datés (après Compartiment n°6, c’est la deuxième fois en une semaine que l’on entend Voyage, voyage au cinéma) au grain numérique pour imiter la pellicule. La Déesse des mouches à feu se fait finalement rattraper précisément par ce qu’il cherchait à fuir : les conventions et les idées reçues.

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