Les réalisateurs Hélène Giraud et Thomas Szabo ambitionnent, avec Minuscule, de raconter une épopée guerrière et aventureuse, au moins aussi éprouvante qu’un voyage de Hobbit. N’en déplaise à Peter Jackson, leur coccinelle vaut bien Martin Freeman, et leurs fourmis autant de Nains et d’Orcs.
Hélène Giraud et Thomas Szabo font preuve d’un véritable courage formel : leurs insectes ne prononcent pas un mot, et résistent le plus souvent à la tentation de l’anthropomorphisme. Les entomologistes trouveront certainement à y redire : le petit monde de Minuscule n’est guère fidèle à l’état de nature. Cela, pour une bonne raison : le duo de réalisateurs s’approprient totalement leurs créatures, leur insufflant des personnalités d’autant plus grisantes que leur monde est particulièrement expressif, vivant, et immédiatement accessible.
Hélène Giraud et Thomas Szabo se payent le luxe d’une narration éclatée, au fil qui aime à divaguer, sans pour autant perdre son homogénéité. Les personnages y gagnent autant en épaisseur. Ceux-ci évoluent dans l’espace avec un dynamisme formidable, qui fait vite oublier le rapport au réel. Les deux réalisateurs prennent leur sujet à bras le corps, et font montre d’une formidable inventivité formelle et narrative. Celle-ci, pourtant, perd de sa force dans les derniers moments, plus faibles et plus convenus. Le voyage en vaut cependant bien la peine.