Suite à un carambolage dû à un épais brouillard, des personnages aux profils variés se retrouvent bloqués sur un pont. Près de l’accident, un fourgon de l’armée qui renferme des chiens entraînés à tuer des cibles sur commande est ouvert accidentellement par un soldat. S’amorce alors un programme balisé reposant sur de grosses ficelles scénaristiques : un bug soudain empêche les militaires de reprendre le contrôle des animaux, une flaque d’essence prend feu pour contraindre les personnages à rester sur les lieux, etc.
Pas la peine de chercher dans cette série B en pilotage automatique une réelle singularité de mise en scène : le brouillard, loin du Fog de Carpenter, ne vise qu’à circonscrire un huis clos dans lequel la caméra reste collée aux basques des survivants. Chacun d’entre eux obéit par ailleurs à une fonction assignée par le récit, du quidam se transformant en figure fédératrice jusqu’au marginal qui cherche à faire bande à part. Quant aux canidés numériques du film, qui en constituent pourtant l’attraction principale, ils sont souvent relégués à l’arrière-plan au profit des humains, jusqu’à ne constituer qu’une menace tout à fait artificielle. The Host, l’influence principale de Project Silence (on retrouve ici l’idée d’une catastrophe métaphorique mise en miroir avec un modèle familial à recomposer) et de nombreux films de genre sud-coréens, aura accouché de petits monstres timorés et disciplinés. Ou en l’occurrence, de chiens un peu trop bien dressés.