San Andreas

San Andreas

de Brad Peyton

  • San Andreas

  • États-Unis2015
  • Réalisation : Brad Peyton
  • Scénario : Carlton Cuse, Andre Fabrizio, Jeremy Passmore
  • Image : Steve Yedlin
  • Décors : Barry Chusid
  • Costumes : Wendy Chuck
  • Montage : Bob Ducsay
  • Musique : Andrew Lockington
  • Producteur(s) : Beau Flynn, Hiram Garcia
  • Interprétation : Dwayne Johnson (Ray), Carla Gugino (Emma), Alexandra Daddario (Blake), Hugo Johnstone-Burt (Ben), Art Parkinson (Ollie), Paul Giamatti (Lawrence), Ioan Gruffudd (Daniel Riddick), Archie Panjabi (Serena)...
  • Distributeur : Warner Bros France
  • Date de sortie : 27 mai 2015
  • Durée : 1h54

San Andreas

de Brad Peyton

La faille


La faille

Depuis 2012 de Roland Emmerich, on attendait la nouvelle catastrophe naturelle qui secouerait les États-Unis et ferait voler en éclats les fameuses lettres de la colline d’Hollywood. C’est chose faite avec San Andreas, récit d’un séisme surpuissant sur les côtes californiennes qui suit le chemin de croix du volontariste The Rock AKA Dwayne Johnson, pater familias bien décidé à sauver de ce cataclysme son ex-femme et sa fille.

Sauveteur émérite officiant à Los Angeles, Ray n’a pas autant de succès dans sa vie personnelle. Après la mort accidentelle d’un de ses enfants et le naufrage de son mariage avec Emma (Carla Gugino), seule sa relation avec sa fille Blake (Alexandra Daddario) compte. Mais un violent tremblement de terre dans le Nevada l’oblige à annuler la virée prévue avec celle-ci, obligeant la jeune fille à voyager avec Daniel, le nouveau compagnon de sa mère. Tandis que Blake part à San Francisco, Emma s’apprête à rencontrer sa future belle-sœur (Kylie Minogue), mais les plans de tout ce petit monde tombent à l’eau quand le tant redouté « Big One » frappe la Californie.

California dreamin’…

À la lecture des quelques lignes qui précèdent, on aura compris que la narration familiale tient lieu ici d’alibi scénaristique, tant les liens qui unissent les personnages semblent archétypaux, voire caricaturaux. Le film ambitionne mollement de reconstituer la famille éparpillée entre Los Angeles et San Francisco sans rendre tant soit peu réaliste le gigantesque traumatisme auquel les divers membres sont confrontés. Cette absence d’écriture qui déréalise les enjeux psychologiques fait étrangement écho au déferlement d’effets spéciaux. Alors même qu’on ne croit pas une seconde à l’amour transi d’un père pour sa fille, on doute de la vraisemblance du spectacle destructeur auquel on est convié. Multipliant les dégringolades d’immeubles à la manière d’un domino géant, s’offrant même un tsunami dantesque, San Andreas joue la surenchère jusqu’à l’outrance. Le trop est l’ennemi du bien et les nombreuses séquences de secousses en sont un exemple flagrant (sans parler de la 3D qui pourrait bien faire saigner quelques yeux). Seules les scènes aériennes qui montrent un tapis urbain onduler au rythme des pulsations telluriques tirent leur épingle du jeu. Là, en sécurité dans les airs, l’œil n’est plus soumis au fracas visuel intempestif terrestre mais on est au contraire capté par cet étrange mouvement oscillatoire, incarnation parfaite de la mécanique des plaques.

Film catastrophique

Malheureusement Brad Peyton, pour qui San Andreas représente la première réalisation d’envergure, préfère écrabouiller son monde au ras des pâquerettes, ensevelissant les spectateurs sous des tonnes d’explosions et d’effondrements et parvenant à concurrencer le pourtant extravagant Emmerich au jeu de la destruction urbaine. Malgré la plastique d’Alexandra Daddario (qui n’a plus de secret depuis son rôle dans la première saison de True Detective), la virilité sans faille de Dwayne Johnson (dès la scène d’ouverture, réussie au demeurant) et le joli minois de Carla Gugino qui se débat avec une partition à la limite du ridicule, San Andreas s’enlise. Si les films catastrophe ne brillent que rarement par l’intelligence de leurs scénarii, on aime avoir peur de leurs visions cauchemardesques (éruption volcanique incontrôlable, gratte-ciel en feu, tornade grandiloquente…). San Andreas parvient à ne contenter aucune de ces attentes, adjoignant à une narration nanardesque une réalisation hoqueteuse qui éructe bruyamment à chaque plan un catastrophy-porn des plus calamiteux.

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