Sept frères
  • Sept frères
  • (Seitsemän Veljestä)

  • Finlande, France2010
  • Réalisation : Riitta Nelimarkka, Claude-Louis Michel
  • Scénario : Jean-Jacques Varret, Claude-Louis Michel
  • d'après : le roman Seitsemän Veljestä
  • de : Aleksis Kivi
  • Montage : Claude-Louis Michel
  • Musique : Patrick Montpellier
  • Production : Seneca, Les Films du Paradoxe
  • Interprétation : Thierry Hancisse, Christian Gonon, Félicien Juttner, Nita Klein, Jean-Christophe Dollé…
  • Graphisme : Riitta Nelimarkka
    Animation : Jaakko Seeck
  • Distributeur : Les Films du Paradoxe
  • Date de sortie : 13 avril 2011
  • Durée : 55 min

Un conte finlandais


Un conte finlandais

Sept frères est un film d’animation à petit budget, une coproduction franco-finlandaise, dont la sortie en salles est destinée à être très limitée. C’est pourtant un joli film adapté d’un roman finlandais d’Aleksis Kivi, et dont la technique d’animation à première vue traditionnelle cache un véritable travail d’orfèvre.

La collaboration entre Riitta Nelimarkka, artiste-peintre finlandaise, et Claude-Louis Michel, réalisateur indépendant de documentaires, est un bel exemple de la façon dont un film peut se construire au-delà de la notion de frontières. Riitta Nelimarkka a travaillé pendant plusieurs mois en compagnie de son mari, Jaakko Seeck, pour donner vie à ce conte en joignant la technique de l’aquarelle pour les décors et du papier découpé pour l’animation. Un travail pour le moins fastidieux, avec plus de 200 décors différents et des personnages découpés aux ciseaux, qui nécessitaient des heures de travail pour faire bouger les membres de chacun de manière indépendante. En résulta un film de 74 minutes que Jean-Jacques Varret, producteur chez Les Films du Paradoxe, ramena dans ses valises pour confier la suite du projet à Claude-Louis Michel. Il fallut un travail de réorganisation des séquences pour épurer le récit et le rendre plus compréhensible, en y adjoignant la voix d’un narrateur pour cimenter le tout. Et ainsi donner naissance à cette version qui sort aujourd’hui, raccourcie à 55 minutes.

Le choix de l’aquarelle comme base de travail pour les décors donne un résultat très enchanteur, et qui permet de laisser voguer tranquillement l’esprit du spectateur au gré des différents tableaux. Le récit fait office de fable sur l’obéissance et la vie de groupe, à travers l’histoire de sept frères orphelins trublions et paresseux, qui préfèrent l’oisiveté aux travaux de la ferme familiale dont ils ont hérité. L’avancée du récit est parfois décousue, notamment par le biais de digressions en forme de rêves et de légendes, mais pas rédhibitoire car elle laisse le champ libre à la flânerie. Cette succession d’épisodes (dont certains assez drôles : un ours saoul, une chorale de bœufs et de vaches) produit un petit moteur à fictions plutôt agréable. Le travail du son, centré sur une voix off qui ne cannibalise jamais le récit, est un bel exemple de minimalisme : les personnages parlent très peu, les bruitages sont dépouillés et réalistes, la musique évocatrice sans être redondante. Sept frères est une nouvelle preuve, après Une vie de chat et Arrietty, qu’il est possible de proposer des films d’animation qui sortent des sentiers battus et proposent de nouveau modes de narration, à rebours des grosses machines qui déroulent leur programme en un déluge de blagues, de cascades et d’effets en tout genre. Espérons que ces films de la marge pourront continuer à se faire, malgré le peu de poids qu’ils pèsent face aux ogres américains. Il en va de la bonne santé et de la variété du film d’animation.

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