Toast

Toast

de S.J. Clarkson

  • Toast

  • Grande-Bretagne2010
  • Réalisation : S.J. Clarkson
  • Scénario : Lee Hall
  • d'après : le livre Toast
  • de : Nigel Slater
  • Image : Balazs Bolygo
  • Montage : Liana Del Giudice
  • Musique : Ruth Barrett
  • Producteur(s) : Faye Ward
  • Interprétation : Oscar Kennedy (Nigel Slater enfant), Victoria Hamilton (Maman), Colin Prockter (Percy Salt), Ken Stott (Papa), Helena Bonham Carter (Ruby), Freddie Highmore (Nigel Slater adolescent)...
  • Distributeur : UGC
  • Date de sortie : 5 octobre 2011
  • Durée : 1h32

Toast

de S.J. Clarkson

Gratiné


Gratiné

Alors que George Cukor a mis en scène Madame porte la culotte (Adam’s Rib, 1949), S.J. Clarkson réalise un film qui aurait pu s’appeler : Mais qui porte le tablier dans cette maison ? Et, ici, ce n’est pas madame, mais Nigel Slater, sommité médiatique de la gastronomie britannique, pour lequel Toast fait office d’évocation – à partir de l’ouvrage autobiographique éponyme – d’une jeunesse où tout ne fut pas rose.

Faut-il rappeler le cliché voulant que la Grande-Bretagne ne serait pas une terre de cuisine raffinée ? Mais grâce à des hérauts tels que Jamie Olivier et, donc, Nigel Slater, ce n’est plus qu’un mauvais souvenir : adieu petits pois verts fluorescents et disproportionnés ! Le mot est faible, la cuisine a fait plus qu’envahir la petite lucarne en France et ailleurs ; assez logiquement, la voici qui tente de prendre position sur le grand écran[1]Au rayon culinaire, la sortie de Toast précède d’une semaine celle d’El Bulli le 12 octobre.. De bien belles heures de cinéma en perspective : après cette homérique et passionnante guerre de La Guerre des boutons dont nous n’avons malheureusement pas pu faire état dans nos colonnes, imaginons une bataille entre le biopic de Marithé versus celui de Jean-Pierre Coffe.

Toast nous replonge dans le souvenir de l’horreur gastronomique de l’Angleterre des sixties, version petite bourgeoisie étriquée pas franchement swinging. En France, on a la madeleine (de Proust), à l’Angleterre le toast (de T.S. Eliot ?), chacun son truc. Avec nostalgie, le film fait donc ressurgir les senteurs et les visions de mets dignes d’une œuvre de science-fiction hallucinée ; la tarte meringuée au citron étant un personnage à part entière d’une l’intrigue traitée comme le conte doux-amer du cheminement d’un jeune garçon vers sa propre vérité. Le tout enrobé d’un régime visuel ne lésinant pas sur la sucrerie maniérée et patinée, ce qui n’est pas sans peser sur l’estomac.

Enfant, Nigel doit subir l’incurie culinaire familiale, et bientôt la mort précoce de sa mère. Les rapports avec son père ne sont pas au beau fixe et ce dernier s’entiche bientôt d’une fée du logis un peu « olé olé », se révélant aussi bonne cuisinière que mégère. Devenu adolescent, une rivalité haineuse s’installe entre le garçon et sa belle-mère, sur fond, donc, de tarte meringuée au citron. Nous y voici : il porterait bien le tablier. Cet éveil aux désirs gastronomiques s’accompagne d’une attirance pour les garçons, que le film fait émerger avec la légèreté d’un pudding de Noël. Et la manière concomitante de faire avancer cette aspiration aux fourneaux et aux galipettes homosexuelles n’est pas la chose qui laisse le moins dubitatif.

Notes

Notes
1 Au rayon culinaire, la sortie de Toast précède d’une semaine celle d’El Bulli le 12 octobre.

Soutenez Critikat

Critikat est une revue de cinéma associative dont les rédacteurs et rédactrices sont bénévoles.
Si elle est (et restera) entièrement gratuite, sa production a un coût : votre soutien est précieux pour garantir sa pérennité et son développement (site Internet, vidéos, podcasts...).
N'hésitez pas à nous soutenir mensuellement si vous le pouvez !