Accueil > Autres pages > Editoriaux > Venise, moments de crise mardi 9 septembre 2008

par Oscar Duboy

Venise, moments de crise

On ne croyait pas si bien dire, en récitant la sempiternelle maxime : « Le cinéma est le reflet du réel » ! L’économie mondiale va mal et avec elle, c’est la Mostra qui clopine. Dès l’ouverture Variety joue les rabat-joie : à quoi bon se déplacer pour un festival où tout est trop cher à part le marché qui n’y existe pas. Le bal des rivaux peut recommencer. Toronto, Rome, Deauville : qui a volé les films à Venise ? Le directeur Marco Müller joue parfaitement son rôle de défenseur, mais le constat est là. Trop peu d’américains pour assurer l’équilibre avec les nombreux films d’auteur, donc très peu de monde et beaucoup moins d’argent. Et pourtant après la belle édition 2007, il y avait de quoi être motivés. C’est donc avec cet optimisme pour seul compagnon qu’il fallait affronter la horde de documentaires parfois un peu fatigants, en attendant les valeurs sûres de Varda, Coen ou Kiarostami et les quelques jolies exceptions trop souvent hors compétition comme Machan d’Uberto Pasolini et PA-RA-DA de Marco Pontecorvo. À la fin, l’honneur est sauf et tout le monde est satisfait – comme le veut le règlement vénitien des récompenses équilibrées, critiqué par le président du Jury, Wenders – : The Wrestler d’Aronofsky gagne le Lion d’Or et inaugure les litiges autour du prix d’interprétation manqué par sa star Mickey Rourke pour assurer l’immanquable trophée maison, enfin attribué à quelqu’un de méritant en la personne de Silvio Orlando. Le Prix du Jury à Teza de Gerima est réconfortant, le reste est digne. Au revoir aux oubliés. Consulter le palmarès et le compte-rendu complet du festival.

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