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La fête est finie

La fête est finie

de Marie Garel-Weiss

  • La fête est finie

  • France2017
  • Réalisation : Marie Garel-Weiss
  • Scénario : Marie Garel-Weiss, Salvatore Lista
  • Image : Samuel Lahu
  • Costumes : Lou Garel, Mildred Giraud
  • Son : Laurent Cercleux
  • Montage : Guerric Catala, Riwanon Le Beller
  • Musique : Pierre Allio, Ferdinand Berville
  • Producteur(s) : Marie Masmonteil
  • Production : Elzévir Films
  • Interprétation : Zita Hanrot (Sihem), Clémence Boisnard (Céleste), Michel Muller (le psychologue), Christine Citti (Catherine), Marie Denarnaud (la mère de Céleste), Pascal Reneric (Jean-Louis)
  • Distributeur : Pyramide Distribution
  • Date de sortie : 28 février 2018
  • Durée : 1h33

La fête est finie

de Marie Garel-Weiss

La drogue ne passera plus par moi


La drogue ne passera plus par moi

Céleste et Sihem, deux femmes d’une vingtaine d’années, se rencontrent dans un centre de désintoxication où elles comptent en finir avec leurs addictions pour les drogues dures. Rapidement se noue entre elles une amitié fusionnelle (une dépendance remplaçant l’autre) et passablement toxique qui, aux dires des encadrants, menace d’entraver leur guérison. De ruptures en rechutes, les deux jeunes femmes vont-elles trouver la force de tout recommencer à zéro ? À vrai dire, la question que formule le premier long-métrage de Marie Garel-Weiss ne ménage aucun suspense tant le discours bienveillant — pour ne pas dire maternant — qui découle de chaque scène ressemble à un spot en faveur des narcotiques anonymes : que ce soit avec les psychologues, les autres dépendants du groupe ou encore les familles, chaque ligne de dialogue est trop bordée, trop théorique, met trop précisément le doigt sur le mal pour que le film donne un aperçu véritable de la détresse qui ronge ceux qui doivent combattre en solitaire leurs addictions.

Un exposé trop sage

Pour preuve, dès la scène d’ouverture, Céleste détaille froidement toutes les drogues qu’elle consomme : lucide, elle ne cherche pas à mentir à propos des substances qu’elle ingurgite régulièrement. Face à ce médecin qui la questionne sur ses usages, le film prend déjà le parti du diagnostic : si la jeune femme en est rendue là, c’est qu’elle est prisonnière d’un schéma social (père absent, rapports conflictuels avec la mère) et psychologique (tentation de la fuite) qui la prédisposerait à ces excès. Cela donne déjà des indications sur l’ascendant que le dispositif filmique prend systématiquement sur ses personnages : à coups de dialogues qui se veulent réalistes, chaque enjeu (la perte de dignité, la culpabilité, la réconciliation avec les proches) sera systématiquement surligné comme pour mieux illustrer ce petit manuel de la parfaite réhabilitation. Le parti-pris naturaliste et le choix de la caméra portée ne parviennent pas à compenser les limites de cet exposé trop sage où les deux jeunes femmes — qui ne perdent jamais de leur capital séduction — semblent uniquement là pour donner corps à une théorie.

De l’incarnation

Cet échec est d’autant plus regrettable que les deux actrices — Zita Hanrot, lumineuse dans Fatima de Philippe Faucon, et Clémence Boisnard, aperçue dans Gare du Nord de Claire Simon — investissent leurs rôles avec une implication qu’il convient de saluer. Seulement, de provocations verbales attendues en affrontements psychologiques avec leurs familles respectives, le scénario ne leur ménage pas l’espace suffisant pour qu’elles puissent explorer toutes les facettes et les ambiguïtés de leurs personnages. Pire, à coups d’ellipses malhabiles, le récit semble vouloir résoudre d’un coup de baguette magique la descente aux enfers de nos deux jeunes héroïnes. Désormais dociles (mais on avait du mal à croire à leur indocilité), elles finissent toutes deux par se ranger du côté du diagnostic et de la verbalisation : si les bonnes intentions sont indiscutables, le discours du film tendrait presque à minorer le danger auquel expose l’addiction aux drogues dures. À croire qu’en matière de cinéma, pour décourager quiconque de se lancer dans pareille mésaventure, Panique à Needle Park de Jerry Schatzberg, en plus d’être un grand film qui propose la trajectoire exactement inverse, reste le meilleur antidote.

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