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A Dark-Dark Man

A Dark-Dark Man

de Adilkhan Yerzhanov

  • A Dark-Dark Man

  • Kazakhstan, France2020
  • Réalisation : Adilkhan Yerzhanov
  • Scénario : Adilkhan Yerzhanov, Roelof-Jan Mineboo
  • Image : Aydar Sharipov
  • Montage : Adilkhan Yerzhanov
  • Musique : Galymzhan Moldanazar
  • Production : Short Brothers, Arizona Productions
  • Interprétation : Daniar Alshinov (Bekzat), Dinara Baktybaeva (Ariana), Teoman Khos (Pukuar)...
  • Distributeur : Arizona Distribution
  • Date de sortie : 14 octobre 2020
  • Durée : 1h50

A Dark-Dark Man

de Adilkhan Yerzhanov

Noir, c'est noir


Noir, c'est noir

Bekzat, un flic corrompu, a pour mission d’exécuter un bouc-émissaire accusé du viol et du meurtre d’un enfant dans une province reculée du Kazakhstan. Ariana, une journaliste fraîchement débarquée de la capitale, enquête de son côté sur les méthodes de la police locale et suit Bekzat ainsi que son faux coupable, un jeune adulte au comportement infantile. Autour de ce trio aux allures de famille recomposée se déploie un film aussi cruel que joueur, traversé par des sursauts de violence brute et des séquences à la tonalité plus légère. Après La Tendre indifférence du Monde, road movie qui suivait le périple de deux marginaux de la campagne à la ville, le cinéma d’Adilkhan Yerzhanov continue de tracer une voie à mi-chemin entre le cinéma indépendant américain (l’humour pince-sans-rire des frères Coen période Fargo) et les films de Takeshi Kitano (ses policiers et gangsters mutiques).

Si le cinéaste pourrait souffrir de cette absence d’originalité, il se distingue toutefois par le soin particulier apporté à la mise en scène. À l’instar du récent Le Lac aux oies sauvages, le silence est privilégié à la parole, les postures et les positions des corps aux vains discours, dans la tradition d’un genre néo-noir hanté par les ombres muettes de tueurs et d’enquêteurs dissimulés dans la brume. Yerzhanov égraine ainsi modestement des petites idées de mise en scène, comme lors d’une partie de cache-cache où un jeune homme aux yeux bandés quitte sans le savoir l’aire de jeu, annonçant sa propre disparition (c’est ce même grand enfant qui risquera ensuite d’être exécuté pour un crime qu’il n’a pas commis). À l’image de cette séquence, A Dark-Dark Man fait parfois preuve d’inspiration, mais ploie finalement sous des références trop écrasantes et ne propose qu’une énième trajectoire fataliste, ce qui constituait déjà la limite principale de son précédent film. Comme dans La Tendre indifférence…, l’affaire se conclut sur le sacrifice rédempteur d’un voyou « au grand cœur » lors d’une scène de boucherie attendue, version terne et rabougrie du finale de Taxi Driver.

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