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Spider-Man : Across The Spider-Verse

Spider-Man : Across The Spider-Verse

de Kemp Powers, Joaquim Dos Santos, Justin K. Thompson

  • Spider-Man : Across The Spider-Verse

  • États-Unis2023
  • Réalisation : Kemp Powers, Joaquim Dos Santos, Justin K. Thompson
  • Scénario : Dave Callaham, Phil Lord, Christopher Miller
  • d'après : Spider-Man
  • de : Stan Lee
  • Décors : Patrick O'Keefe
  • Costumes : Brooklyn El-Omar
  • Son : Alec Rubay
  • Montage : Mike Andrews
  • Musique : Daniel Pemberton
  • Producteur(s) : Avi Arad, Phil Lord, Christopher Miller, Amy Pascal, Christina Steinberg
  • Production : Sony Pictures Animation, Marvel Entertainment, Arad Productions, Lord Miller, Pascal Pictures, Sony Pictures Entertainment
  • Interprétation : Shameik Moore (Miles Morales), Hailee Steinfeld (Gwen Stacy), Oscar Isaac (Miguel O'Hara)...
  • Distributeur : Sony Pictures Releasing International
  • Date de sortie : 31 mai 2023
  • Durée : 2h20

Spider-Man : Across The Spider-Verse

de Kemp Powers, Joaquim Dos Santos, Justin K. Thompson

Briser la toile


Briser la toile

Avec ce deuxième volet, constituant en réalité une « demi-suite » dont l’arc narratif ne sera bouclé que dans un troisième film, la franchise Spider-Verse s’enfonce davantage dans le multivers : au-delà de quelques gimmicks visuels hérités du précédent New Generation (les portails multicolores et autres glitches liés à l’intrusion d’éléments étrangers dans un univers parallèle), Across The Spider-Verse explore de nouveaux horizons alors que c’est au tour du jeune Miles de quitter son univers d’origine pour en découvrir les versions alternatives (un Brooklyn tentaculaire hybridé avec Mumbai, New-York en mégapole futuriste) et faire la rencontre de ses alter ego aux pouvoirs arachnéens. Une fois au cœur de la citadelle de la « Spider-society », Miles comprend que tous les récits de ses semblables s’articulent autour des mêmes événements structurants (la découverte des pouvoirs, la perte d’un proche). Refusant d’accepter la mort programmée de son père, Miles va alors tenter de briser le « canon » narratif. Paradoxalement, Across The Spider-Verse reste quant à lui trop souvent prisonnier de son programme fondé sur l’accumulation de références et de clins d’œil métatextuels : le film se complaît dans un fan service rappelant même par endroits (l’apparition d’images des films de Sam Raimi et de Marc Webb, la reproduction du fameux mème où plusieurs versions de Spider-Man se pointent du doigt) le plus opportuniste de ses cousins en prises de vues réelles : Spider-Man : No Way Home.

Cette tendance est d’autant plus regrettable qu’Across The Spider-Verse creuse ponctuellement un sillon plus prometteur. Contrairement cette fois à No Way Home, qui déterrait les précédentes incarnations de Spider-Man pour les contraindre au cadre formaté du « Marvel Cinematic Universe », Across The Spider-Verse embrasse une esthétique hétérogène. Si l’essentiel du film adopte une animation 3D singeant le style des comics (surfaces pointillées et irisations colorées typiques des impressions traditionnelles par quadrichromie), la mise en scène navigue entre autant de styles visuels que de mondes parallèles, des aquarelles et formes abstraites de la Terre-65, d’où est originaire le personnage de Gwen, à l’apparence de papier découpé dans une vieille brochure anarchiste de Spider-Punk. À son meilleur, Across The Spider-Verse esquisse un patchwork assez grisant : la scène d’ouverture mêle, durant un combat au milieu du musée Guggenheim, les aplats colorés de la Terre-65, le modèle 3D plus clinquant du Spider-Man 2099 et une version du Vautour échappée de la Renaissance italienne, semblable à un croquis de De Vinci. Au milieu des statues de Jeff Koons se dessine alors un collage formel délirant, qui promet d’ailleurs de gagner en ampleur lors de l’affrontement de « La Tache » (un super-vilain traversant les dimensions à loisir), malheureusement relégué au prochain épisode. À nouveau, les ambitions formelles du film se heurtent à son modèle économique reposant sur l’interconnexion de suites en cascade ; espérons que le futur Beyond The Spider-Verse, prévu pour l’an prochain, saura enfin briser la rigidité de ce canevas.

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