Frère Noël

Frère Noël

de David Dobkin

  • Frère Noël
  • (Fred Claus)

  • États-Unis2007
  • Réalisation : David Dobkin
  • Scénario : Jessie Nelson, Dan Fogelman
  • Image : Remi Adefarasin
  • Décors : Allan Cameron
  • Costumes : Anna Sheppard
  • Montage : Mark Livolsi
  • Musique : Christophe Beck
  • Producteur(s) : Joel Silver, Jessie Nelson, David Dobkin
  • Interprétation : Vince Vaughn (Fred Claus), Paul Giamatti (Nicolas Claus), Miranda Richardson (Annette Claus), Rachel Weisz (Wanda), Kathy Bates (la Mère Claus), Kevin Spacey (Clyde)...
  • Date de sortie : 26 décembre 2007
  • Durée : 1h55

Frère Noël

de David Dobkin

Elfes et machines


Elfes et machines

Comédie se voulant à la fois loufoque et donneuse de leçons, Frère Noël effraie par sa nullité et sa mièvrerie affichée. Mais le manque d’originalité du projet ne semble pas (en tout cas dans la première partie) gêner Vince Vaughn, ici à peine moins surexcité que dans Serial Noceurs. Musique sirupeuse, retrouvailles forcées entres frères et déferlement de générosité ne font, on l’aura compris, qu’entretenir la vieille rengaine d’un certain cinéma américain populaire.

Fred Claus (Vince Vaughn) est le frère mal-aimé de Santa Claus (le malheureux Paul Giamatti). Psychologie de script writer oblige, les cinq premières minutes du film se consacrent à la jeunesse des deux hommes : prédisposition à l’altruisme chez l’un, penchant pour l’égoïsme chez l’autre. Adulte, Fred Claus a du mal à donner une image respectable de lui. Entre sa copine qu’il pousse à bout et ses dettes qui le conduisent de fil en aiguille en prison, Fred doit faire appel à son frère pour sortir de son pétrin. Pas question de lui prêter de l’argent, mais Papa Noël veut bien l’engager dans son usine au Pôle Nord…

Tout est bon dans Frère Noël pour renouveler l’image de Santa Claus et de ce(ux) qui l’entoure(nt) (donc, globalement, du produit) : traîneau dirigé par des rennes aussi rapides qu’une fusée, garde du corps nain parodiant le film d’espionnage, séquences aux allures de clip musical. David Dobkin retravaille le caractère fantastique des légendes et contes de Noël en les faisant passer au broyeur du cinéma contemporain, méthode douteuse qui semble pourtant fonctionner au box-office américain (voir la série des Shrek). Si cette manière de traiter l’humour peut parfois faire mouche, dans Frère Noël, la plupart des gags tombent totalement à plat.

Reste une hypothèse. Chaque produit destiné aux enfants sages nécessite le travail d’un nombre incalculable d’elfes et, en cela, la factory du Père Noël peut évoquer le cinéma tel que le pratique Dobkin : organisé jusqu’à l’éradication de toute surprise, dépendant d’un travail à la chaîne et surtout ultra-hiérarchisé. Politique du technicien ? Avec un résultat d’une qualité tout autre, Ratatouille incluait déjà cette mise en abyme (une armada de rats préparant la cuisine pour satisfaire un critique culinaire), preuve qu’on va de plus en plus avoir à faire à des films bricolés par dix mille mains, entreprises gigantesques où chaque couleur est le fruit de centaines d’heures de travail. D’où l’impression, en regardant Frère Noël, d’assister à la préparation d’un tournage dont le but serait perdu d’avance. Finalement, les seuls à tirer leur épingle du jeu sont les stars du film. Car du message vaguement humaniste véhiculé, David Dobkin et sa troupe n’ont rien retenu et ont préféré opter pour une conclusion similaire à The Holiday, l’année dernière : la caméra qui s’éloigne tandis que les acteurs mangent et dansent, leur cachet assuré.

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