© ARP Sélection
Colony

Colony

de Yeon Sang-ho

  • Colony
  • (군체)

  • Corée du Sud2026
  • Réalisation : Yeon Sang-ho
  • Scénario : Choi Kyu-sok, Yeon Sang-ho
  • Image : Byeon Bong-seon
  • Décors : Lee Mok-won
  • Son : Kim Seok-won
  • Montage : Han Mee-yeon
  • Musique : Chai Min-joo
  • Producteur(s) : Yang Yu-min
  • Production : Smilegate, Wow Point
  • Interprétation : Jun Ji-hyun (Kwon Se-jeong), Koo Kyo-hwan (Seo Yeong-cheol), Ji Chang-wook (Choi Hyeon-seok)...
  • Distributeur : ARP Sélection
  • Date de sortie : 27 mai 2026
  • Durée : 2h02

Colony

de Yeon Sang-ho

Network of the Dead


Network of the Dead

Dix ans après Dernier train pour Busan, Yeon Sang-ho revient à son tropisme pour les zombies (on passera sous silence Peninsula, suite ratée de Busan) dans un récit qui substitue en apparence l’horizontalité d’un train à la verticalité d’une tour. Au sein d’un complexe accueillant à la fois un centre commercial et des bureaux, un virus créé par un scientifique fou et revanchard se répand. Ce n’est toutefois pas tout à fait du « zombisme » pur jus : les infectés deviennent les membres d’une colonie interconnectée (un peu sur le mode des hommes-champignons de The Last of Us) qui, et c’est le cœur véritable du film, ne cesse d’évoluer en se partageant des informations, sur le mode des fourmis dialoguant par l’entremise de phéromones. Quelques rescapés – dont une scientifique, comprenant vite de quoi il retourne – se rassemblent non pas pour échapper au lieu confiné, mais pour trouver le savant malade à l’origine de l’infection, qui s’est inoculé le vaccin du virus. Rapidement, ce grand méchant se révèle être aussi une figure de marionnettiste, qui a gardé sa conscience humaine tout en étant relié à la ruche.

Ce point de départ permet au film de mettre à jour régulièrement ses règles : les zombies, d’abord, sont des corps rampants se jetant sur leurs proies. Ils apprennent ensuite à marcher, à distinguer les êtres humains des panneaux publicitaires ou des mannequins présents dans les échoppes, puis à se greffer les uns aux autres pour former des créatures à plusieurs têtes et membres, etc. La stratification du décor en différents couloirs et niveaux se couple alors à une reconfiguration ludique du fonctionnement même de la série B, qui permet au film de renouer avec l’inventivité de Dernier train pour Busan, mais aussi de reparcourir à vitesse grand V une histoire de l’évolution du genre. Par exemple, le décor originel de la galerie marchande rappelle le canonique Dawn of the Dead, tandis que l’apprentissage par les zombies de gestes moteurs élémentaires renvoie au stade atteint par les morts-vivants de Land of the Dead, l’un des derniers films de Romero. Dans le détail, Colony n’est toutefois pas aussi réjouissant que Dernier train… : il souffre parfois d’un découpage brouillon (cf. une scène dans un ascenseur où l’action n’est pas très lisible, des personnages disparaissant sans que l’on sache trop comment), mais Yeon Sang-ho a le mérite de faire de son dispositif la matrice d’un film de zombies assez malin, qui oppose un réseau collectif (celui des zombies) à un groupe humain rongé de l’intérieur par son manque de solidarité. Si bien que Colony finit par renouer, dans ses plis, avec la part politique propre au genre, dont il actualise la logique : la dissolution de l’individu n’apparaît pas ici comme un châtiment, mais comme le révélateur de l’atomisation de la société sud-coréenne.

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