Frankie

Frankie

de Fabienne Berthaud

  • Frankie

  • France2006
  • Réalisation : Fabienne Berthaud
  • Scénario : Fabienne Berthaud
  • Image : Fabienne Berthaud
  • Montage : Raphaële Urtin
  • Musique : Coco Rosie
  • Producteur(s) : Xavier Durringer, Bruno Petit, Olivier Oursel, Jean-Marie Delbary
  • Interprétation : Diane Kruger (Frankie), Jeannick Gravelines (Tom), Brigitte Catillon (Suzy), Christian Wiggert (le photographe), Jean-Louis Place (le psychiatre)
  • Distributeur : MK2 Distribution
  • Date de sortie : 1 mars 2006
  • Durée : 1h30

Frankie

de Fabienne Berthaud

La solitude des champs de photo


La solitude des champs de photo

« Un cintre bientôt à la retraite », voilà comment Frankie se définit. Elle est belle, elle est malheureuse, et s’enfonce progressivement dans une dépression. Elle est jouée par Diane Kruger qui, malgré quelques moments de grâce, de fulgurance, ne parvient pas à sauver cette tentative de peinture réaliste d’un monde cruel. L’image, le récit, trop démonstratifs, peinent à se construire et à faire partager les sentiments des personnages. La caméra, tantôt aérienne mais trop souvent insistante dans le mouvement, devient rapidement fatigante. On croit volontiers aux talents de la réalisatrice et de son actrice qui s’esquissent, mais on reste sur sa faim.

Frankie commence sur des images pleines de lumières, de légèreté, d’espoir, de grâce même. Diane Kruger sous le soleil, son joli minois et les brindilles de blé dans les cheveux. Ce ciel bleu et ses mouvements alléchants ne sont pourtant qu’un leurre. Frankie est dans un hôpital psychiatrique pour soigner sa dépression, résultat d’une vie professionnelle insupportable dans le milieu de la mode. Elle est là pour soigner sa solitude car, au milieu des flashs, elle est abandonnée à elle-même. Et Fabienne Berthaud s’emploie à le montrer lors de scènes assez répétitives : durant une séance de photos, tout le monde parle sauf elle ; elle n’a pas son mot à dire. On la maquille, on la coiffe, on s’occupe d’elle, ou plutôt de ce qui pourra servir. Mais à trop l’isoler dans le cadre, on finit par se lasser de cette solitude, de cette volonté de montrer l’humiliation constante et par ailleurs terrible que subit la jeune femme.

Si quelques passages sont assez convaincants, souvent grâce à Diane Kruger, comme le coup de téléphone que Frankie tente de donner à sa mère, l’ensemble reste flou. De la romance pure à la peinture sociale, des gros plans répétitifs et emphatiques aux tremblements de l’image, la réalisatrice fait un véritable bouillon de culture dans lequel on se noie. Elle a voulu filmer en vidéo, poursuivant la recherche d’un effet de réel, mais les jeux de lumière (éclatante pour montrer la renaissance psychologique de Frankie, exagérément sombre dans les moments de désespoir) y mêlent la superficialité d’une esthétique un brin caricaturale. La laideur côtoie alors le manque d’inspiration. La trame narrative, aussi éclatée que l’est la construction cinématographique, ne convainc pas non plus. On reconnaît le désir de bien faire et on attend la suite. Mais, pour cette fois, qui trop embrasse mal étreint.

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