Dans le sillage des séries B sud-coréennes qui nous sont livrées depuis maintenant deux décennies, Le Gangster, le flic et l’assassin fait office de cas d’école. On y retrouve, comme annoncé par ce titre programmatique, trois figures du cinéma de genre et la promesse d’un violent affrontement dans la lignée du Bon, la Brute et le cinglé de Kim Jee-won. Un chef de gang séoulite (Ma Dong-seok, le père trapu fracassant des zombies à mains nues dans Dernier train pour Busan) manque de peu de se faire assassiner par un tueur en série. Parce qu’ils ne supportent plus de le savoir en liberté, le gangster et un flic arrogant, témoins de l’inefficacité de la police, joignent leur force et se mettent à sa poursuite. Sans grande surprise, la rencontre entre ces trois têtes de mule vire au défouloir bavard et viriliste. Dans leur inébranlable excès de zèle, les deux personnages principaux du film, le flic et le gangster, en sont les exemples les plus navrants. Contraints de s’associer malgré leur rivalité, les deux hommes se livrent à un véritable combat de coqs, à grand renfort de punchlines et de vannes ricaneuses.
Hormis quelques coups d’éclats au début de l’enquête, telle la descente du flic dans les bas-fonds d’un casino clandestin, la mise en scène de Lee Won-tae s’avère très décevante. La violence et l’action en général ne sont jamais pleinement investies par la découpe, qui se concentre plutôt sur les expressions verbales et l’outrance faciale, limitant le jeu des acteurs à un concours de grimaces et de râles. Bien loin du trouble qui pouvait habiter la traque de The Chaser ou de J’ai rencontré le Diable, la chasse à l’homme du film accouche ici d’un finale implacable et sans ambivalence. Une fois le meurtrier arrêté après la coopération tumultueuse entre la police et la mafia séoulite, tout le monde finit par être remis à sa place. Une série de condamnations à mort, d’arrestations et de récompenses honorifiques viennent rappeler les trois personnages principaux du film à leur statut initial : la traque de l’assassin n’aura en somme servi qu’à remettre de l’ordre.