Le Garçon et le monde

Le Garçon et le monde

de Alê Abreu

  • Le Garçon et le monde
  • (O Menino e o Mundo)

  • Brésil2013
  • Réalisation : Alê Abreu
  • Scénario : Alê Abreu
  • Son : Pedro Lima, Marcelo Cyro, André Faiman, Ariel Henry
  • Montage : Alê Abreu
  • Musique : Ruben Feffer, Gustavo Kurlat, avec la participation de Emicida, Naná Vasconcelos, Barbatuques et Gem
  • Production : Filme de Papel
  • Distributeur : Les Films du Préau
  • Date de sortie : 8 octobre 2014
  • Durée : 1h19

Le Garçon et le monde

de Alê Abreu

Si loin si proche


Si loin si proche

Voyage à travers le Brésil

Un petit garçon voit son père quitter le foyer, probablement pour aller trouver du travail loin de leur village. Puis il prend la route à son tour dans l’idée de retrouver son père. Le sinueux récit initiatique le conduit dans les grands champs où l’on récolte le coton, puis à la ville où il est traité dans des usines, et enfin dans les centres commerciaux adossés à de somptueuses résidences où la consommation fait rage. Ce parcours conduit le garçon dans les paysages magnifiques et luxuriants des champs, et sur les pas du joyeux défilé d’un carnaval bigarré, avant de l’emmener dans des parades militaires sinistres.

Un personnage simple dans un monde complexe

Un personnage simple dans un monde complexe. Le Garçon et le monde épouse le regard de son jeune personnage en usant du passage du dessin naïf sur fond blanc à des décors extrêmement élaborés pour évoquer des réalités distinctes. Les favelas qui abritent les hommes qui travaillent dans les usines, où sont fabriqués les vêtements convoyés dans des multitudes de container depuis le port. Par un effet marabout/ bout d’ficelle, ce film presque sans parole (hormis quelque mots d’une langue imaginaire : un brésilien à l’envers) saute d’un monde à un autre et emmène le spectateur dans autant de styles de dessins différents en même temps que les types de musiques varient eux aussi. La beauté sidérante des dessins de champs de coton ou de nuit sur la favela se transforme tantôt en symphonie visuelle, hommage à la peinture sur pellicule de Norman McLaren, tantôt en une fable écologique profondément pessimiste. Les parties sombres de l’histoire prennent un tour vraiment inquiétant lorsque interviennent d’étranges animaux mécaniques prêts à tout dévorer sur leur chemin qui peuvent effrayer les plus jeunes spectateurs.

Du proche au lointain

Dans le générique, les motifs kaléidoscopiques qui envahissent l’écran s’éloignent dans la profondeur, un motif chassant l’autre. L’effet repris lorsque l’enfant découvre sur une machine à tisser un poncho arc-en-ciel dans lequel son regard plonge au point de pénétrer la trame du tissu. Cet effet de passage du proche au lointain structure le projet de ce film, ambitieux à tous points de vue qui, dans son discours-même s’efforce d’embrasser la complexité du monde à travers les yeux d’un enfant, et en suivant les pas du petit garçon sur les traces de son père, d’évoquer moins l’histoire du Brésil tout entier.

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