The Predator
© 2018 Twentieth Century Fox
The Predator
    • The Predator
    • États-Unis
    •  - 
    • 2018
  • Réalisation : Shane Black
  • Scénario : Fred Dekker, Shane Black
  • Image : Larry Fong
  • Décors : Martin Whist
  • Costumes : Tish Monaghan
  • Montage : Harry B. Miller III
  • Musique : Henry Jackman
  • Producteur(s) : John Davis, Lawrence Gordon, Joel Silver
  • Production : Dark Castle Entertainment, Twentieth Century Fox Film Corporation, Davis Entertainment, TSG Entertainment, Canada Film Capital
  • Interprétation : Boyd Holbrook (Quinn McKenna), Trevante Rhodes (Gaylord Nebraska Williams), Olivia Munn (Dr Casey Brackett), Jacob Tremblay (Rory McKenna), Sterling K. Brown (Traeger), Keegan-Michael Key (Coyle)...
  • Distributeur : Twentieth Century Fox France
  • Date de sortie : 17 octobre 2018
  • Durée : 1h47

The Predator

réalisé par Shane Black

À l’instar du Halloween de David Gordon Green, The Predator est de ces suites qui, sans être dénuées d’idées pour redynamiser et repenser les figures qu’elles tentent de dépoussiérer, butent sur leur dimension iconique. Le film commence plutôt bien, avec une suite de plans qui semblent directement poursuivre l’horizon discursif du Predator de McTiernan : là où le premier volet finissait sur un vagin denté, la bouche monstrueuse de l’extraterrestre, cette nouvelle mouture s’ouvre sur une série de trous – une brèche spatio-temporelle dans laquelle s’engouffre et ressort un vaisseau, un œil observant dans la trouée d’un feuillage l’horizon devant lui, le rond que forme la lunette d’un fusil de tireur d’élite. Ce motif de la béance en reste toutefois là et s’estompe dans une intrigue qui semble avoir pâti d’un nouveau montage et de reshoots. Plutôt que de suivre un cap formel clair, le film de Shane Black procède plutôt d’un collage de tonalités (entre le blockbuster classique et le buddy movie) et de pistes laissées à l’état d’esquisses. Un exemple : le fils du héros, atteint du syndrome d’Asperger, témoigne au début du film d’une hyperacousie qui fait l’objet de plusieurs plans – ici une sirène qui lui vrille ses tympans, là les aboiements d’un chien qui l’obligent à se couvrir les oreilles. Le spectateur peut supposer que cet élément qui permet de définir rapidement le garçon jouera un rôle plus tard dans la résolution de l’intrigue. Or, ce trait distinctif n’aura pas la moindre incidence sur les événements à suivre, il sera tout bonnement abandonné, si bien que l’on suspecte sa présence d’être le reliquat d’une précédente mouture scénaristique où un bruit, un ultrason, aurait nourri une scène importante, avant que cette dite scène ne soit abandonnée, ne laissant à l’écran que les préparatifs de son avènement.

Ce n’est pas que The Predator soit strictement un ratage industriel comme il peut s’en produire, mais les indices sur sa gestation chaotique s’avèrent nombreux, entre les dialogues qui viennent combler les trous du récit et des curiosités dans le montage (la mort d’un personnage important qui s’opère en deux secondes, sans que l’on comprenne immédiatement l’enchaînement exact des actions). Finalement reste surtout l’impression d’être face à un film qui exploite son fonds de commerce, réduisant les traits distinctifs de la créature (son attirail technologique, sa vision thermique) à l’état d’emblèmes. Il n’est dès lors pas tout à fait anodin que ces nouveaux Halloween et Predator fétichisent ainsi les masques de leurs figures : seules les surfaces sont l’objet de leur attention.

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