Accueil > Actualité ciné > Critique > La Nuit au musée 2 mardi 19 mai 2009

Critique La Nuit au musée 2

Musée ne nuit pas, par Thomas Pietrois-Chabassier

La Nuit au musée 2

Night at the Museum : Battle of the Smithsonian

réalisé par Shawn Levy

Plaisir de la répétition, du babil et de l’exploration renouvelée d’un univers aux sources intarissables (la grande histoire) sont les guides d’une comédie réussie manquant peut-être parfois de la liberté atomique des films de Ben Stiller lui-même.

Le succès inattendu, en 2007, de La Nuit au musée sous-entendait d’emblée la possibilité d’un sequel qui arrive aujourd’hui dans nos salles. Le premier opus de Shawn Levy narrait les aventures d’un type (Ben Stiller) paumé dans le désordre de ses petites ambitions ratatinées et de ses rêves de doux et naïf Géo Trouvetou de bas étage. Menacé par les circonstances, il était contraint de prendre le premier job venu pour regagner l’estime de son fils et c’est ainsi qu’il entrait dans le monde merveilleux, fantasmé, univers de conte où l’inanimé prend vie – très proche des jouets d’Andy dans Toy Story − du musée d’histoire naturelle de la ville de New York.

Cette fois, Larry Daley n’est plus le gardien de nuit du musée mais un self-made winner qui s’est enrichi du succès de ses inventions médiocres type la lampe qui brille dans le noir et il est devenu une véritable source de confiance et d’inspiration pour les autres. Ses vieux amis de cire, de pâte, d’os et autres ont été remplacés par des images 3D et des hologrammes (« le musée 2.0 ») et déménagés à Washington, pour cause de ringardise, dans les archives du plus grand musée du monde, là où le mythe Obama trace l’histoire à toute allure et surplombe d’un étage Napoléon et les pharaons (on voit même Lincoln – donc l’Amérique − revivre, se remettre debout). En cela, le film est aussi porteur d’un optimisme retrouvé, ou simplement excité.

La Nuit au musée 2, c’est l’histoire d’un rêveur impuissant qui, s’étant débattu contre le noir, court désormais après son sens perdu de l’irréalité, sans plus jamais désirer rencontrer les limites de son imaginaire où se croisent des pieuvres et des fusées. Alors que le premier volet était de l’ordre de l’apprentissage – Larry Daley en passait par toutes sortes d’épreuves difficiles à admettre comme réelles pour finalement parvenir à accepter son propre imaginaire refoulé d’enfant et se rapprocher de son fils – ce deuxième épisode ne semble être né que du plaisir à filmer et mettre en scène les songes du réel, simple prolongement du premier. Les répétitions de gags (Steve Coogan hilarant en assaillant perdu dans le grand silence) ou les tics scénaristiques (la brune dégage, la rousse débarque) pourraient ne faire de ce film qu’un simple balbutiement de La Nuit au musée et pourtant, comme on a pu le dire avec OSS 117 (voir sa critique dans Les Cahiers du Cinéma d’avril 2009), il semblerait que le docile schéma-concept du film offre des milliards de continuations possibles. Roosevelt et les hommes de Neanderthal étaient les stars du premier chapitre, Napoléon, Ivan le Terrible et Al Capone siègent en bonne place dans le suivant. Les infinies ressources de l’Histoire pourraient ainsi alimenter à foison le corps – certes maigre, ou simple – du schéma de départ, à savoir un homme voyant revivre et défiler dans le sens d’une fresque éclatée au présent l’Histoire devant ses yeux, le tout enfermé dans un bocal (sa boîte crânienne ?) : le musée.

Ce qui étonne encore ici, c’est l’influence des séries (apparitions des vedettes de The Office notamment) sur la qualité des seconds rôles. Alors que dans certains films comiques des années 1990 (on pense par exemple aux ombres nullissimes des fantastiques Jeff Daniels et Jim Carrey de Dumb et Dumber), les personnages de l’ombre n’étaient que de simples faire-valoir des grands rôles, les personnages secondaires de La Nuit au musée 2 sont souvent très réussis, créant presque des sketches à part entière, et faisant du film une galerie de morceaux de bravoure comique. Il ne semble plus y avoir de sous-apparition dans les comédies de la bande à Stiller ou du clan Apatow : chaque minute compte et conte.

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