Accueil > Actualité ciné > Critique > Pompéi mardi 18 février 2014

Critique Pompéi

Éruption bis, par Vincent Avenel

Pompéi

Pompeii

réalisé par Paul W.S. Anderson

La peste soit de Paul W.S. Anderson ! Alors qu’on s’attend toujours au pire de la part de l’homme coupable de Mortal Kombat et d’Alien vs Predator, on se surprend à trouver des qualités à ses Trois Mousquetaires 3D, ou à ce dernier Pompéi. Surtout avec un slogan comme « Vivez la plus grande catastrophe de l’histoire » : mais non, le bonhomme met la meilleure volonté du monde à poser côte à côte de bonnes idées surprenantes, une évidente jouissance de metteur en scène de grand spectacle et les idées les plus débiles et moches. Mais dans quelle case va-t-on pouvoir vous ranger, monsieur Paul ?

Glaçage sur volcan

Donc, Pompéi, c’est un peu comme avec le Titanic : difficile de surprendre avec la fin de l’histoire, alors autant le faire avec l’habillage scénaristique. Pour Anderson, il s’agit de mixer à grands coups de pilon Spartacus et Gladiator, le tout saupoudré de rom-com adolescente. C’est pour cette partie qu’intervient Kit Harington, le minois béat de Game of Thrones, déjà aperçu dans Silent Hill 2. Ténébreux et peu disert, il promène son personnage de mignon gladiateur amoureux en se faisant régulièrement piquer la vedette par un Kiefer Sutherland ravi d’en faire des caisses dans le rôle de la méchante crapule venue de Rome.

Plaisir d’offrir

À leurs côtés, évoluent des seconds rôles parfois étonnamment justes (les personnages de Carrie-Anne Moss et Jared Harris), parfois bis en diable et d’autant plus réjouissants (tel que le monolithique Currie Graham), le diagnostic étant que, hormis Harington et Emily Browning, tout le monde semble ravi de cabotiner, le réalisateur le premier. Pressé d’arriver à son finale destructeur, Paul W.S. Anderson ne se foule pas trop pour tenir jusque-là. À peine les premières scories sont-elles dans les airs, qu’il s’en donne à cœur-joie, avec un spectacle... franchement spectaculaire, aux rebondissements parfois inédits. Cela n’empêche pas le film de faire long feu la plupart du temps, de gâcher ses idées les plus prometteuses et inattendues par des ajouts lourdingues ou des dialogues mal écrits et surjoués. Moins crâneur qu’un Michael Bay, Paul W.S. Anderson double son bourrinisme d’une bonne volonté franche et naïve qui, cette fois encore, lui sauve la mise de justesse.

Annonces