Blanche Neige, la suite

Blanche Neige, la suite

de Picha

  • Blanche Neige, la suite

  • France, Belgique2007
  • Réalisation : Picha
  • Scénario : Picha, Tony Hendra
  • Montage : Chantal Hymans
  • Musique : Willie Dowling
  • Producteur(s) : Eric Van Beuren, Linda Van Tulden, Steve Walsh
  • Interprétation : Cécile de France (Blanche Neige, la Belle au Bois Dormant, Cendrillon), Jean-Paul Rouve (le Prince Charmant), Marie Vincent (la Bonne Fée), Jean-Claude Donda et Gérard Surugue (les Sept Nains)...
  • Date de sortie : 31 janvier 2007
  • Durée : 1h22

Blanche Neige, la suite

de Picha

Il était une fois


Il était une fois

En 1975, le dessinateur et caricaturiste belge Picha (Hara-Kiri, New York Times, …) fait scandale avec son Tarzoon, la honte de la jungle, envers obscène d’un héros littéraire et immortalisé à l’écran par Johnny Weissmuller. D’ailleurs, dans la version américaine du dessin animé, c’est le propre fils du Tarzan mythique hollywoodien qui pousse son cri. Quelques scènes coupées pour éviter l’inévitable censure et ce Tarzoon donne l’envol à une tripotée de films d’animation réservés aux adultes. Ensuite, Picha signera deux autres longs métrages : Chaînon manquant (1980) et Big Bang (1987). Vingt ans plus tard, le caricaturiste est de fait toujours en verve et donne sa version libidineuse du premier dessin animé de l’histoire du cinéma, Blanche Neige. Fantasmes et irrévérence ponctuent alors chaque séquence, pour le plaisir de ceux qui aimeraient savoir finalement si le Prince et Blanche Neige l’ont fait ou pas. Une suite de satires souvent vulgaires, jamais inédites, mais servies par deux comédiens truculents : Cécile de France et Jean-Paul Rouve.

« Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants. » La phrase qui achève irrémédiablement tous les contes de fées laisse dans l’ombre l’inénarrable nuit de noces et a du sans nul doute provoquer chez certains une imagination impudique débordante. Que font-ils, après ? Et Picha de répondre : après le baiser, le prince emporte sa dulcinée vers la maison des nains et… Bien sûr, Blanche Neige est encore plus pure que son prénom et ne pense qu’aux baisers tandis que Charmant ne pense qu’à ça. Sur ce, une bonne Fée laide et vieille aimerait beaucoup dépuceler le prince et, pour arriver à ses fins, l’oblige à délivrer du sommeil la Belle au Bois Dormant nymphomane et à bouleverser le sortilège d’une Cendrillon bimbo et arriviste. Il y a aussi les Trois Petits Cochons, la Belle et la Bête, Petit Poucet, Chat Botté, dans un grand bal qui se finit gentiment en orgie et puis les princesses qui dévoilent à l’unique prince charmant leurs atours dessinés.

L’histoire se joue férocement du conte et donne à la Belle au Bois dormant, rivale de Blanche Neige, le rôle de la méchante reine tandis qu’un chasseur court toujours pour récupérer le cœur de la toute pure. Un ogre tombe fou amoureux de la jolie Blanche Neige et ne pense qu’à dévorer ses formes, l’emporte même dans sa main comme jadis King Kong Jessica Lange. Les sept nains — Gicleur, Roteur, Glandeur, Branleur, Troudu, Fouduc, Schlingueur — sont alors d’obscènes petites personnes qui chantent en rythme « Ouille Ouille, qu’est-ce qu’on dérouille ! » Les dialogues n’ont dès lors aucune prétention : « Faire des guiches pour gagner sa croûte, c’est pas de la tarte » et jonglent avec quelques amusantes expressions surannées et d’indécrottables jeux de mots vulgaires.

Une suite ininterrompue de graveleuses références qui n’a pas la prétention de renouveler ni le conte, ni la forme animée du dessin animé. Aucune surprise, qu’elle fut bonne ou mauvaise, pour une Blanche Neige à caractère plutôt attardé. L’accroche aurait pu certes être amusante mais lasse bien trop vite. Les ébats non consommés de tous ces héros d’enfance perdent de leur imagination. Peut-être aurait-il fallu quelques Monty Python dans ce scénario ? Si la finesse échappe à l’emprise du caricaturiste, reconnaissons-lui un coup de crayon délicieux concernant les silhouettes des personnages et la présence off de deux comédiens infatigables : Cécile de France et Jean-Paul Rouve. Un Jean-Paul Rouve qui fait double jeu comique avec une Île aux trésors qui sort ce même jour et une Cécile de France qui décidément est la plus impertinente actrice européenne.

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