© The Walt Disney Company France
Les Nouveaux Mutants

Les Nouveaux Mutants

de Josh Boone

  • Les Nouveaux Mutants
  • (The New Mutants)

  • États-Unis2020
  • Réalisation : Josh Boone
  • Scénario : Josh Boone, Knate Lee
  • Image : Peter Deming
  • Décors : Molly Hughes
  • Montage : Robb Sullivan, Matthew Rundell, Andrew Buckland
  • Musique : Mark Snow
  • Production : 20th Century Fox, Marvel Studios
  • Interprétation : Maisie Williams (Ragne Sinclair), Ana Taylor-Joy (Illyana Rasputin), Charlie Heaton (Sam Guthrie), Henry Zaga (Roberto da Costa), Blu Hunt (Danielle Moonstar)...
  • Distributeur : The Walt Disney Company France
  • Date de sortie : 26 août 2020
  • Durée : 1h33

Les Nouveaux Mutants

de Josh Boone

Life is Strange


Life is Strange

Anya Taylor-Joy dans la peau d’un personnage traumatisé depuis l’enfance, des super-héros confinés dans un asile prenant part à une thérapie de groupe, le regard attentif d’une psychiatre autoritaire et d’une flopée de caméras de vidéosurveillance : face aux Nouveaux Mutants, spin-off de la franchise X‑Men, impossible de ne pas penser à Glass, le dernier film de M. Night Shyamalan où trois personnages se retrouvaient eux-aussi pris au piège d’une prison en forme d’immense plateau de tournage. Sans témoigner de la même rigueur dans son montage et sa mise en scène, le film de Josh Boone brille relativement sur un autre terrain : celui du coming-of-age et du teen movie. Les Nouveaux Mutants s’inscrit à cet égard dans la lignée de X‑Men : Le Commencement pour faire de la puberté et des luttes contemporaines en faveur des minorités (le personnage principal est une amérindienne lesbienne) une question centrale – ce qui, dans une moindre mesure, nourrissait déjà les précédents épisodes de la série (les mutants y étaient autant des êtres doués de pouvoirs surnaturels que des jeunes adultes reclus en marge de la société).

Pour les mutants incarcérés, tout l’enjeu réside dès lors dans l’acceptation et le contrôle de leur « démon intérieur » – littéralement pour l’une des héroïnes, qui abrite en elle un monstre qui menace de s’échapper dans le monde réel. C’est en quelque sorte la grande question de la teen horror, récemment évoquée dans ces colonnes, qui aborde l’éveil de la sexualité et les troubles adolescents sous l’angle de la terreur et du fantastique. Privilégiant son versant teen à sa partie horrifique, Les Nouveaux Mutants multiplie malheureusement les scènes attendues d’un genre déjà lessivé par une décennie de séries centrées sur des adolescents aux pouvoirs fantastiques (Strangers Things, The Boys, Dark mais aussi la série de jeux vidéo Life is Strange). Une soirée de rébellion sur du pop rock succède à des « action ou vérité » menés en secret, une scène de baignade nocturne à une séquence évoquant l’ouverture de Carrie, et ainsi de suite. Le film peine à tracer sa propre voie et se résout à citer ses plus écrasants modèles, de Scream et son tueur masqué à It Follows et ses monstres longilignes, en passant par la scène de la douche de Psychose ou la théorie du cimetière amérindien de Shining proposée par Room 237 (en écho à l’Overlook Hotel, un cimetière se trouve ici dans le jardin de l’asile). Trop expéditif pour émouvoir ou faire souffler un vent d’air frais sur le genre dans lequel il s’inscrit, Les Nouveaux Mutants possède au moins cette lucidité caractéristique de la teen horror postmoderne : honnête du début à la fin, il sait qu’il n’invente rien.

Soutenez Critikat

Critikat est une revue de cinéma associative dont les rédacteurs et rédactrices sont bénévoles.
Si elle est (et restera) entièrement gratuite, sa production a un coût : votre soutien est précieux pour garantir sa pérennité et son développement (site Internet, vidéos, podcasts...).
N'hésitez pas à nous soutenir mensuellement si vous le pouvez !