Paramount Pictures France
Crawl

Crawl

de Alexandre Aja

  • Crawl

  • États-Unis2019
  • Réalisation : Alexandre Aja
  • Scénario : Michael Rasmussen, Shawn Rasmussen,
  • Image : Maxime Alexandre
  • Décors : Dragan Kaplarevic, Ketan Waikar
  • Costumes : Momirka Bailovic
  • Son : Novica Jankov
  • Montage : Elliot Greenberg
  • Musique : Max Aruj, Steffen Thum
  • Producteur(s) : Sam Raimi, Craig J. Flores, Alexandre Aja
  • Production : Paramount Pictures, Raimi Productions
  • Interprétation : Kaya Scoledario (Halley Keller), Barry Pepper (Dave Keller), Morfydd Clark (Beth Keller), Ross Anderson (Wayne Taylor)...
  • Distributeur : Paramount Pictures France
  • Date de sortie : 24 juillet 2019
  • Durée : 1h28

Crawl

de Alexandre Aja

Alli-gâté


Alli-gâté

Il suffit d’un plan, le premier, pour qu’Alexandre Aja prouve qu’il a retenu une des leçons des Dents de la mer, à savoir que la mise en scène d’un monstre tueur passe d’abord et avant tout par l’usage de la métonymie. Face à une piscine dans laquelle elle s’apprête à plonger, Hayley (Kaya Scodelario) est ainsi surplombée par un fanion qui figure déjà la gueule dentée qui bientôt la menacera. C’est d’ailleurs dans la mise en place du récit, avant le surgissement de tout événement horrifique, que le film convainc le plus, lorsqu’il se contente simplement, par un raccord sur un ciel orageux ou par la présence de signes annonciateurs (une barrière aux allures de dents, un grillage dont les mailles renvoient à la peau écailleuse des prédateurs, etc.), à patiemment faire monter la tension. Le problème, c’est que le cinéaste a oublié un autre enseignement du film de Spielberg, au moins aussi important : la révélation du monstre obéit à une logique inflationniste ; à chaque fois que l’attraction montre son museau, il faut en montrer davantage. Or, très (trop) rapidement, la bête surgit en pleine lumière d’un escalier (autre métonymie de la gueule, celle-ci pour le coup sous-exploitée). Que peut dès lors tenter le film pour répondre à la nécessité d’en révéler plus ? La réponse est pour le moins frustrante : il convoque un deuxième alligator, puis un troisième, jusqu’à ce qu’une armée envahisse la ville inondée dans laquelle Hayley et son père sont piégés.

Si Crawl est en cela un film pris à son propre jeu, la déception tient surtout à une certaine indolence de l’écriture, qui dessine d’astucieuses idées néanmoins inexplicablement laissées en friche. Par exemple, la petite lampe torche dynamo d’Hayley, qu’elle mouline sans arrêt : à aucun moment le film ne joue sur les modulations de la luminosité, l’objet ne servant qu’à introduire une mécanique de nervosité (le geste répété de l’héroïne). C’est pourtant par de petites trouvailles de ce type que le film aurait pu trouver sa singularité, plus que dans la multiplication des reptiles.

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