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Drop Game

Drop Game

de Christopher Landon

  • Drop Game
  • (Drop)

  • Etats-Unis2025
  • Réalisation : Christopher Landon
  • Scénario : Jillian Jacobs, Chris Roach
  • Image : Marc Spicer
  • Décors : Susie Cullen
  • Costumes : Gwen Jeffares Hourie
  • Montage : Ben Baudhuin
  • Musique : Bear McCreary
  • Producteur(s) : Michael Bay, Jason Blum, Bradley Fuller, Cameron Fuller
  • Production : Platinum Dunes, Blumhouse Productions
  • Interprétation : Meghann Fahy (Violet), Brandon Sklenar (Henry), Violett Beane (Jen), Reed Diamond (Richard), Gabrielle Ryan (Cara), Jeffery Self (Matt), Ed Weeks (Phil), Travis Nelson (Connor)...
  • Distributeur : Universal Pictures
  • Date de sortie : 23 avril 2025
  • Durée : 1h40

Drop Game

de Christopher Landon

Game Over


Game Over

La déception suscitée par Drop Game confirme ce que l’on pressentait déjà depuis un certain temps : à 56 ans, Jason Blum n’occupe plus le centre du cinéma d’horreur américain industriel. On peut même dire que depuis quelques années, la stratégie low cost qui a fait le succès des produits Blumhouse (budgets rachitiques, cinéastes moins en vue, à l’exception notable de Shyamalan, Jordan Peele, David Gordon Green et Ti West) a perdu considérablement en impact. Non qu’elle soit mauvaise en soi (l’économie de moyens fait partie depuis toujours de l’ADN du cinéma d’horreur), mais parce que les projets semblaient moins novateurs et stimulants. Aucun film de Blum n’a su jouer le rôle de petit phénomène depuis Get out, et aucun n’a su s’inscrire dans la culture populaire aussi fortement que le premier American Nightmare, qui a engendré des suites à visée lucrative où le propos initial s’est dilué, épisode après épisode, dans un tout-venant informe.

Drop Game apparaît donc comme un nouveau symptôme de cette manufacture en crise, voire en panne, dépassée aujourd’hui par des propositions plus tranchantes de majors, incarnées par exemple par Malignant (Warner) ou Smile 2 (Paramount), pour citer deux films ardemment défendus dans ces colonnes. Respectée au pied de la lettre, la formule Blumhouse donne ici assez vite des signes d’usure. Drop Game partait pourtant sur de bonnes bases, que l’on pourrait résumer par son pitch plutôt original : traînant un lourd passif de violences conjugales, Violet (Meghann Fahy) accepte un date avec un inconnu le temps d’un dîner dans un restaurant de luxe. Évidemment, rien ne se passe comme prévu et la soirée romantique rêvée se voit pourrie par une série de mèmes intempestifs (et de plus en plus stressants) que reçoit l’héroïne sur son smartphone. Violet comprend assez vite que ces contenus proviennent d’un inconnu situé à proximité d’elle, dans le même restaurant. Commence alors un jeu de dupe avec son agresseur, qui ravive un goût pour l’horreur ludique souvent mis à l’honneur chez Blumhouse et pas vraiment surprenant de la part du réalisateur Christopher Landon, qui s’est déjà illustré dans la parodie horrifique avec Happy Birthdead.

Le jeu, pourtant, tourne assez rapidement à vide. Une fois passé le cap de ses premières crises d’angoisse, Violet prend les choses en main et se retourne contre son agresseur, revivant dans l’élimination de celui-ci ses traumas de survivante de violences conjugales. On retrouve ici la fibre féministe d’Invisible Man (autre film Blumhouse), que les épigones du studio ont entretemps largement reprise et galvaudée, jusque dans Blink Twice l’année dernière. Le seul point de vue un peu singulier offert par le film est celui de la misandrie, à laquelle Christopher Landon parvient à donner un début de forme lorsque Violet scrute avec haine tous les clients du restaurant, soupçonnant en chacun d’eux un harceleur potentiel. C’est ceci dit trop peu pour convaincre et il faudra encore attendre un peu avant de découvrir un véritable grand film d’horreur misandre : Drop Game est trop inconséquent pour s’atteler à cette lourde tâche.

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