© Sony Pictures Releasing France
S.O.S. Fantômes : La Menace de glace

S.O.S. Fantômes : La Menace de glace

de Gil Kenan

  • S.O.S. Fantômes : La Menace de glace
  • (Ghostbusters: Frozen Empire)

  • États-Unis2024
  • Réalisation : Gil Kenan
  • Scénario : Gil Kenan, Jason Reitman
  • Image : Eric Steelberg
  • Musique : Dario Marianelli
  • Producteur(s) : Jason Blumenfeld, Jason Reitman, Gil Kenan, JoAnn Perritano
  • Production : Columbia Pictures, Ghost Corps, Bron Studios, Right of Way Films
  • Interprétation : Paul Rudd (Gary Grooberson), Carrie Coon (Callie Spengler), Finn Wolfhard (Trevor Spengler), Mckenna Grace (Phoebe Spengler), Celeste O'Connor (Lucky Domingo)...
  • Distributeur : Sony Pictures Releasing France
  • Date de sortie : 10 avril 2024
  • Durée : 1h56

S.O.S. Fantômes : La Menace de glace

de Gil Kenan

Exit les fantômes


Exit les fantômes

Comme d’autres blockbusters de ces dernières années cultivant un véritable marché de la nostalgie (du Star Wars VII de J.J Abrams au dernier Indiana Jones), cette Menace de glace court d’abord après son ombre – autant celle du tout premier Ghostbusters que de la comédie fantastique des années 1980, qui connaissait alors, de Gremlins à Retour vers le futur, son âge d’or. Dans le raccord délicat que la nouvelle équipe de chasseurs (composée, comme dans l’épisode précédent, de Paul Rudd, Carrie Coon, McKenna Grace et Finn Wolfhard) doit établir entre passé et présent, la première demi-heure s’empare avec humour de questions de recyclage assez contemporaines. Que faire par exemple de l’énergie des fantômes ? Doit-on les envoyer dans le « compacteur » (la déchetterie à spectres imaginée dans l’épisode 1) alors que celui-ci arrive à saturation ? On aurait presque pu imaginer tout un film sur le quotidien de la petite entreprise Ghostbusters ; c’eût été rendre un bel hommage à Ivan Reitman et Harold Ramis, dont le plus beau film (Un jour sans fin), dans une économie presque totale d’effets spectaculaires, reposait sur une logique de répétition.

Ce n’est pourtant pas la carte que joue La Menace de glace. Loin d’avoir les moyens de ses ambitions en termes d’effets spéciaux et sans la créativité visuelle des années 1980 (le travail de Richard Edlund sur le premier épisode avait à lui seul valeur d’argument commercial), le film semble tenté par une voie plus sentimentale. Mais ce n’est en réalité que par opportunisme, en capitalisant sur les teen stories de Stranger Things et les codes LGBTQ+ des séries Netflix. L’intérêt relatif de cet épisode impersonnel tient plutôt dans une obsession étrange pour un mal venu d’Orient. Tout le déchaînement d’énergie spectrale auquel on assiste dans la dernière partie du film est causé en effet par un dieu qui s’exprime en pré-sanskrit et dont la légende, racontée sous la forme d’une courte séquence d’animation, s’inscrit sur le sable d’un Orient immémorial. La « menace de glace » qu’il fait peser sur New York renvoie évidemment au spectre du 11-septembre – vieille peur dont le cinéma de divertissement américain a déjà tout dit, du trauma initial (La Guerre des mondes) à la tentative de résilience (Sully). C’est pourtant dans une ville gelée que Bill Murray et Dan Aykroyd – les seuls véritables fantômes – affrontent, avec lassitude, le démon venu d’ailleurs. Et tout l’imaginaire du film de se résumer peut-être à cela : la congélation/décongélation des peurs, des fantômes et des personnages historiques de la franchise. Merci Picard.

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